Investigations trinitaires (9) : Théismes face à Job.

INVESTIGATIONS TRINITAIRES (9) – Théismes et autres regards face à la souffrance de Job.

Résumé : Job, le juste et innocent qui souffre, s’oppose à toutes les justifications du mal, au nom du divin ou autres raisons : ce qu’on appelle la « théodicée ». Dans cet article, j’essaie de passer en revue toutes les tentatives d’explication et de consolation (peu consolantes, finalement) des amis de Job : culpabilité, épreuve, plus grand bien, etc. Toutes les religions, philosophies, idéologies se heurtent à cette interrogation. Dans un second article, je proposerai les réponses du Livre de Job et les pistes qu’elles ouvrent.

Investigations trinitaires 8 – Le Dieu tendresse – Article précédent

Combien de fois entendons-nous face à une souffrance intolérable : « Où est Dieu ? Que fait donc Dieu face à ce malheur, face à cette horreur ? ». Pas besoin d’aller jusqu’aux grandes catastrophes naturelles, ni aux monstruosités historiques pour entendre cette accusation. Chacun d’entre nous a pu l’entendre, voir l’affirmer soi-même, dans une épreuve qui paraît insurmontable et traumatisante. Non seulement cette accusation semble légitime, mais encore ceux qui la contestent ou justifient religieusement ou rationnellement la souffrance paraissent naïfs ou aveugles.

Or il existe dans les mythes de sagesse biblique un personnage qui concentre en lui toutes ces accusations et toutes les ondes de culpabilité diffusées par la question du mal. La question du mal face au divin est appelée en philosophie et en théologie la « théodicée ». Le concept est ancien, mais il a été rendu populaire par le célèbre « Traité de Théodicée » de Leibniz qui semble justifier le mal et la souffrance pour des raisons d’organisation ou de programmation divine. Le personnage biblique en question est Job. Toutes les figures théistes, monothéistes et polythéistes, et athéistes, athées et agnostiques, se heurtent à la question de Job : pourquoi le mal, et surtout le mal innocent ? Oui, l’athéisme aussi… Voir les articles suivants.

Pour les lecteurs qui ne connaissent pas les enjeux de l’interrogation posée par Job, en voici l’essence. J’aborde donc la situation de Job, le juste souffrant, celui des jeux de culpabilité et de justification du mal qui sont indiqués dans le livre, les protestations de Job, et les extrapolations et interprétations -non exhaustives- que j’en extrais. Le mythe de Job est un récit que l’on lit dans la Bible, mais aussi dans d’autres traditions. Le Coran en touche un mot, mais j’avoue que son interprétation ne me convainc pas. Le cadre de la souffrance de Job se situe dans l’espace familial, mais il est possible de l’étendre au-delà.
L’introduction du livre de Job n’est pas très intéressante : il s’agit d’une sorte de conte, où un être surnaturel, Satan, demande à Dieu (Adonaï), de mettre à l’épreuve le prétendu juste qu’est un certain Job, homme riche, aimé et pieux. L’esprit biblique dans le Livre de Job joue sur plusieurs sens du nom divin, à savoir « אֱלֹהִים » ELOHIM, le nom collectif de Dieu, un peu le Dieu du Panthéon, Créateur de l’Univers, que l’on retrouve dans le premier récit de la Genèse ; « יְהוָה », YAHVE, le tétragramme dont le nom mystérieux est révélé à Moïse, et qui représente plutôt celui qui parle au peuple et qui fait alliance avec lui ; et parfois d’autres noms… Pour cacher le tétragramme, la tradition juive préfère dire ADONAï, et c’est le terme que j’utiliserai ici, sans, qu’on me le pardonne, que soient respectés les subtilités du texte du Livre de Job. Ceci me permet d’éviter des confusions par rapport aux figures divines que j’ai proposées dans les articles précédents.

Suite à la demande du Satan, commence une première série d’épreuves du malheureux Job. Il perd sa fortune, ses troupeaux, ses possessions. Puis ses enfants et sa femme meurent. Malgré tout, Job reste fidèle à Adonaï. Alors arrive une seconde série d’épreuves qui, cette fois, atteignent Job dans son corps. Il tombe malade, côtoie la mort et souffre terriblement. Ce ne sont plus ses avoirs et son pouvoir qui sont atteints, mais son être même, dans son corps. À cet instant, Job fait un « burn out ».

À partir de là, la forme littéraire change. Il ne s’agit plus d’une narration, mais d’un dialogue, d’une dialectique même, voire d’un procès à plusieurs faces : le procès des amis contre Job, les objections et plaintes de Job et le procès de Job contre Adonaï. Quatre amis de Job vont intervenir, trois personnes âgées et un jeune. Ils vont tenter d’expliquer plus ou moins maladroitement pourquoi Job souffre. Job ne se satisfait jamais de leurs tentatives et crie sa révolte. Ne soyons pas injustes envers les « amis de Job ». Ce sont de vrais amis. Ils viennent le consoler. Tous ceux qui ont souffert savent que dans ces instants, souffrance, maladie, vieillissement, humiliation, exclusion sociale, désolation, survient une distinction entre les faux et les vrais amis : les faux amis disparaissent, changent de trottoir quand ils vous croisent, tandis que les vrais se révèlent et restent. La maladie et j’ajoute, la vieillesse, sont des excellentes révélatrices des relations affectives, que ce soit sur le plan familial ou sur le plan amical. L’exclusion sociale également… Le chômage par exemple. Les amis de Job sont donc, malgré leur maladresse, de véritables amis.

L’argument majeur des amis de Job se résume ainsi : « si tu es malade, si tu souffres, c’est que quelque part, tu es coupable ». Ou plus généralement, c’est parce qu’il existe une culpabilité autour de toi que tu ne voies pas. Culpabilité dans la cause de la maladie. Culpabilité dans la situation de perturbation que crée la maladie dans l’entourage, mais -j’extrapole- aussi dans la société. Cet argument se décompose en trois sous arguments : (1) Si tu es malade, c’est de ta faute. (2) La vertu engendre toujours une récompense. (3) Nous sommes tous coupables devant Adonaï. Analysons chacun de ces sous-arguments. À ces trois arguments sur la culpabilité comme origine de ton mal, il faut ajouter celui de l’épreuve : Adonaï t’éprouve. Il s’agit du reste de l’origine même du Livre de Job.

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Si tu es malade, c’est de ta faute.

Élargissons : tu es malade de ta faute ou par la faute de quelqu’un de ton entourage. Ne rions pas. Certains diront que cet argument ne prend pas aujourd’hui. Personne n’oserait affirmer que quelqu’un est malade ou est en souffrance parce qu’il a fait le mal ! Ben tiens ! Rappelons-nous ce qui s’est passé autour du SIDA : c’est de la faute de ton identité d’homosexuel, ou du fait que tu te drogues, etc. Quant au coronavirus, c’est de la faute des chinois ou de la mauvaise organisation italienne. On peut élargir : dans les milieux alternatifs, écologistes, médecines parallèles, etc. combien de fois n’avons-nous pas entendu affirmer que tel ou tel est malade parce qu’il ne mange pas bio, parce qu’il mange au MacDo, parce qu’il respire mal, qu’il ne fait pas d’activité physique, parce qu’il a une mauvaise hygiène… et on peut élargir jusqu’à l’infini la sphère des culpabilités. Sans doute, y a-t-il une part de vérité dans ces affirmations, mais résolvent-elles l’interrogation posée par la souffrance ?

Le poids de la culpabilité est particulièrement vif à l’égard des maladies psychiques ou mentales. Face aux dépressions, on entend dire : « il ou elle manque de volonté. Elle ou il n’a qu’à se secouer, etc. ». Ce rapport de contrôle d’une prétendue « âme » responsable des nerfs et du « moral » empoisonne beaucoup d’approches de la maladie psychique. Sont oubliés la réalité du corps, l’inconscient et surtout le lien ontologique entre notre système physiologique et notre vie psychique, mentale, morale et affective. La tradition dualiste et quelque peu schizophrénique, celle qui oppose l’âme, siège de l’entendement et de la volonté, et le corps, siège des passions et des déterminismes biologiques, fait beaucoup de dégâts.
Le discours de culpabilité commence très tôt : « tu as la grippe, tu as une angine, tu ne t’es pas assez couvert », dit-on aux enfants. « Tu es fatigué, tu aurais dû manger plus abondamment ce matin ; tu as des poux ? Tu n’as qu’à pas te frotter à des malpropres à l’école ; etc. » Sans doute, cette culpabilisation peut inciter à changer de comportement, si elle est proportionnée. Mais chacun connaît les dégâts d’un excès d’appel à la volonté ou à la responsabilité personnelle. Elle fonctionne jusqu’à certaines limites. Limites que justement Job conteste.

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À ces culpabilisations directes, s’ajoutent des culpabilités indirectes. Par exemple, celle de l’hérédité. « Il est malade, parce que dans sa famille, ils sont tous comme ça ! Ils sont tous morts de cette maladie ! Ils sont tous tarés ! »… Plus largement, les maux se développent dans des milieux miséreux, au manque d’hygiène et à la moralité corrompue.

Autre exemple, celui de la perturbation dans l’entourage créée par la maladie, par le mal : « parce que tu es malade ou parce que tu es handicapé, ou je ne sais, tu nous empêches de partir en vacances, en week-end… Tu nous obliges à rester à la maison. Qui va s’occuper des enfants pendant que tu es à l’hôpital ? » J’ai même connu des personnes qui culpabilisaient leur conjoint décédé : « il ou elle me laisse seul(e) ! Il ou elle m’a abandonné ». Ici, le cri est compréhensible. Le deuil efface cet apparent puits sans fond.
On peut élargir à un niveau social et politique. Mais je vais y revenir plus bas.

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La vertu est toujours récompensée.

Il s’agit du second argument des amis de Job. En d’autres termes, si vous êtes droit, juste, bon, aimant, vous ne serez jamais malade et vous aurez une vie et une vieillesse heureuse. Il s’agit de l’argument précédent inversé : le malheur est dû à votre irresponsabilité et votre vie dissolue. Le bonheur et l’efficacité de votre action sont liés au bien que vous vous faites à vous-mêmes et aux autres. Je ne contredis pas a priori cette opinion qui peut, à une petite échelle et dans des cas statistiquement analysés, être valable. Elle circule, par exemple dans les milieux de conseils en entreprise ou dans les services sociaux. Toutefois respectons l’échelle de validité de cette allégation qui, elle aussi, a des limites, comme va l’affirmer Job.

Toutefois, la proposition selon laquelle la vertu rend sain et heureux est redoutable, peut-être plus encore que la première. Les personnes impuissantes, faibles par nature ou par culture, qui se trouvent en situation de dette et de culpabilité, n’ont pas toujours les moyens de cette vie vertueuse. Dans le cas précédent, l’argument portait sur la capacité de la personne qui souffre à user de sa volonté et de sa sphère de responsabilité pour lutter ou accepter le mal qui le détruit. Dans le cas présent, les personnes fragiles, qu’elles soient malades, souffrantes ou non, sont elles-mêmes interdites de bonheur… parce qu’elles n’ont pas la potentialité de faire le bien autour d’elle. Je pense aux handicapés, physiques, affectifs ou mentaux ; ou à ces individus qui n’ont pas pu faire d’études, pour des raisons physiques, psychiques ou socio-économiques, et qui sont confinés à des activités dégradantes, voire au chômage. Non seulement ils doivent subir leur état, mais en plus ils doivent supporter les vendeurs de bonheur ?

Il est plus difficile à un exclu social et économique, à une personne chétive ou un infirme mental d’aspirer au bonheur, via la vertu. Il y aura toujours des conseilleurs, un peu comme les amis de Job, pour affirmer que tout le monde est égal devant le bonheur, et éventuellement de la dite réussite : il suffit d’un peu de bonne volonté et d’acceptation de sa situation. Bref, soyez vertueux, votre entourage et nos enfants en profiteront, vous ne serez pas malade et votre avenir sera radieux. Je ne partage pas cette opinion. Devant le bonheur, il y en a « qui sont plus égaux que d’autres » !

De toutes façons, comme répondra Job, la vertu n’engendre pas automatiquement le bonheur.

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Nous sommes tous coupables devant Dieu.

Troisième argument qui mérite approfondissement. Il s’agit de la culpabilité métaphysique. Job ne la contourne pas quand il crie pourquoi suis-je né ! L’accusation est portée contre Adonaï ou contre la représentation que les individus de l’époque de Job s’en faisaient. La quasi totalité des gens croyaient en Dieu ou en des divinités surnaturelles qu’ils estimaient tout puissants. Dans le fait que quelqu’un souffre, qu’une famille souffre, il y a démonstration que nous ne sommes pas Dieu, que nous sommes mortels.
Il existe toute une tradition religieuse, spirituelle diront certains, selon laquelle la vie nous est donnée gratuitement comme un cadeau. Cette vie qui nous est donnée a pourtant du prix. Par conséquent, nous avons une dette morale et religieuse, à défaut de comptable, envers celui qui nous a créés. Ce prix de la vie, il faut le payer.

Ajoutons qu’une certaine théologie chrétienne en a ajouté une couche. J’en ai parlé à propos de la figure du Dieu des prophètes. Le Christ a souffert pour les fautes que nous avons commises. Il faut payer l’addition avec lui… ou sans lui. Le mythe du péché originel fonctionne sur ce terrain : il y avait un paradis ; il a été corrompu par la faute de l’homme (dit Paul), de la femme (disent les rieurs) ; donc tu dois souffrir -ce qui est effectivement exprimé dans les textes bibliques, même si les exégètes savent que telle n’est pas la signification première du mythe-. Le schéma Création-Péché-Salut est très superficiel face à la souffrance.

Aujourd’hui, beaucoup de personnes ne croient plus en Dieu. Les raisons historiques, sociologiques et philosophiques de ce déplacement croyant ne sont pas abordées ici. La culpabilité métaphysique se transpose ainsi : nous avons la chance d’exister et d’être la plupart du temps en bonne santé. Nous avons donc une dette envers nos parents, notre hérédité, notre structure naturelle, notre milieu social… voire envers l’être ou je ne sais quelle puissance créatrice ou génératrice. Bien. Ce n’est pas le cas de tous, chacun le sait. Ce jeu de culpabilité est souvent inconscient et traverse nos mentalités personnelles, nos collectivités, nos nations soucieuses de morale sociale et de soin. Si devant un magnifique paysage, je pense « quelle chance j’ai », il y aura toujours un petit diable caché pour vous dire : « ça ne va pas durer ! Il faut souffrir pour payer cette chance ! ».

La culpabilité métaphysique se transpose sur des plans sociologiques. « Si tu es malade ou handicapé, tu coûtes cher à la Sécurité Sociale. Si on n’était pas là, tu crèverais ! Heureusement que la solidarité générale est là pour des gens comme toi… avec nos impôts ! », etc. Dans une société de plus en plus individualiste, voici un propos que l’on entend ou que certains n’osent dire, tout en le pensant. En d’autres termes, chacun a une dette existentielle à l’égard des institutions sociales soutenues par les bien portants. Non seulement mon être naturel reçoit son existence de Dieu, de la nature, de je ne sais, mais encore mon être social tient son existence de la société de ceux qui ont la santé. Le malade est en dette par rapport à la société.

Dans la même ligne, il existe également une culpabilité à l’égard du corps médical.J’ai une dette envers les soignants, les chercheurs, les techniciens, les pharmaciens, etc. Heureusement qu’il y a des hôpitaux, des infirmières, des médecins. Je n’ai pas à me révolter, à crier ma souffrance, à moins que cela ne reste dans les limites du supportable.

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Tu es à l’épreuve.

L’idée de l’épreuve est inscrite dans le prologue du Livre de Job. Nous allons mettre la piété de Job le juste à l’épreuve. La fin du Livre fausse un peu le débat, puisque Job est rétabli dans sa condition initiale. Sans doute, l’auteur aurait-il dû s’arrêter sur le splendide hymne à la Création qui la précède.

Il n’empêche que l’idée d’une mise à l’épreuve n’est pas à contourner. Mis à part la négation du mal par les vendeurs de bonheur d’une part, et le discours soumis des fatalistes de tout poil d’autre part, l’épreuve est une idée qui a de la valeur. Malheureusement, dans le Livre de Job, elle est réduite au combat singulier d’un homme, seul, contre le malheur et contre les bavards. Il est certain que la célèbre formule nietzschéenne, « ce qui ne tue pas rend plus fort », a beaucoup de succès actuellement. Lue comme aphorisme moral, la formule est toutefois à manier avec précaution. D’une part, elle exclut les maux qui sont au-delà de nos forces, d’autre part, elle omet la solidarité active que d’autres personnes et des institutions humaines peuvent apporter dans ces situations. Je vais y revenir.

Cela dit, une personne qui n’a pas connu la souffrance doit rester réservée et ne jamais dire à l’équivalent de Job d’aujourd’hui : « tu es à l’épreuve », ou pire encore : « c’est Adonaï qui te met à l’épreuve ». Peut-être les mystiques, les vrais j’entends, ont la capacité de l’affirmer. J’ai le souvenir de cet archevêque prêchant la morale, le stoïcisme et la soumission à un malade, tant qu’il était vivant et responsable de ses ouailles… et qui, le jour où il est gravement tombé malade à son tour, a avoué qu’il aurait mieux fait de se taire.

Souvent la mise à l’épreuve et son apparente absurdité sont justifiées au nom d’un plus grand bien divin. J’ai lu cette explication dans une sourate du Coran, je ne sais plus laquelle. Voilà le Dieu bouche-trou qui arrange bien les pouvoirs religieux. Pour reprendre ce qui a déjà été médité dans un article précédent, on aimerait bien savoir ce qui s’entend sous le concept de « bien », en plus des concepts divins que j’ai médités dans les articles précédents. Un philosophe contemporain parle de la « tyrannie du bien ». De plus, n’est-ce pas encore une manière de dégager en touche et de nier la subjectivité de celui qui est en souffrance ? Les grandes idéologies du Vingtième Siècle qui voulaient nier le sujet au nom d’un Idéal d’État ou d’une Société Parfaite ne répondent pas non plus. Il est possible d’accepter, dans notre capacité limitée d’action et de réflexion -selon notre pouvoir- de subir des épreuves pour plus de justice, plus d’amour, plus de connaissance, plus de bonheur. Admettons. Seulement, chacun affronte tôt ou tard la souffrance d’une passion -au sens christique du terme-, au sein de laquelle il ne voit ni vérité, ni sens. Quant à ces idéologies du Vingtième Siècle, elles ont démontré leurs limites à Auschwitz et dans le Goulag.

Je ne nie donc pas l’idée de mise à l’épreuve. Je propose simplement qu’elle reste située à l’intérieur de ses limites… c’est-à-dire ici et maintenant, tant que la volonté personnelle, ou éventuellement collective, est encore possible d’efficacité et de signification limitée. Il y a, au-delà de ces limites, des souffrances qui sont « insupportables »… et là, l’idée d’une épreuve, imposée par je ne sais qui de plus vaste que soi, vole en éclats. La vraie question du sens est par conséquent au-delà de ces considérations…

Arrive, derrière ces multiples accusations, justifications, explications, l’injonction clé : « convertis-toi »… et ça ira mieux. Ben voyons !… et de quelle conversion s’agit-il ?

Que répond Job face à ses amis, parfois consolateurs, parfois accusateurs, unanimement maladroits ?

Investigations trinitaires 10 : La réponse de Job

Récit d'un unijambiste
sur le Chemin de Compostelle
106 jours de marche, à 2 Km/h
et 14 Km/jour sur 1540 Km...

- Difficultés et joies de la marche d'un handicapé physique -
Tome 1 : Voie du Puy (Édition Nicorazon)Tome 2 : Espagne (Éditions Lepère)

 

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