{"id":2113,"date":"2017-05-27T10:58:28","date_gmt":"2017-05-27T10:58:28","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/?p=2113"},"modified":"2023-10-12T10:08:40","modified_gmt":"2023-10-12T10:08:40","slug":"chemin-pyreneen-piemontais-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/?p=2113","title":{"rendered":"Chemin Pyr\u00e9n\u00e9en Pi\u00e9montais (3) : vers le Col du Portet d&rsquo;Aspet"},"content":{"rendered":"<p align=\"CENTER\"><em><a href=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/?page_id=1838184\"><span style=\"color: #008080;\"><span style=\"font-family: arial;\"><span style=\"font-size: small;\">Retour page Compostelle <\/span><\/span><\/span><\/a><\/em><\/p>\n<p align=\"RIGHT\"><em><a href=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/?p=1993\"><span style=\"color: #008080;\"><span style=\"font-family: arial;\"><span style=\"font-size: small;\">Chemin Pi\u00e9montais (1) <\/span><\/span><\/span><\/a><\/em><br \/>\n<em><a href=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/?p=2035\"><span style=\"color: #008080;\"><span style=\"font-family: arial;\"><span style=\"font-size: small;\">Chemin Pi\u00e9montais (2) <\/span><\/span><\/span><\/a><\/em><br \/>\n<strong><span style=\"color: #008080;\"><span style=\"font-family: arial;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #800000;\">Chemin Pi\u00e9montais (3)<\/span> <\/span><\/span><\/span><\/strong><br \/>\n<em><a href=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/?p=2214\"><span style=\"color: #008080;\"><span style=\"font-family: arial;\"><span style=\"font-size: small;\">Chemin Pi\u00e9montais (4) <\/span><\/span><\/span><\/a><\/em><br \/>\n<em><a href=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/?p=2366\"><span style=\"color: #008080;\"><span style=\"font-family: arial;\"><span style=\"font-size: small;\">Chemin Pi\u00e9montais (5) <\/span><\/span><\/span><\/a><\/em><br \/>\n<em><a href=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/?p=2489\"><span style=\"color: #008080;\"><span style=\"font-family: arial;\"><span style=\"font-size: small;\">Chemin Pi\u00e9montais (6) <\/span><\/span><\/span><\/a><\/em><\/p>\n<h6 class=\"western\" align=\"RIGHT\"><span style=\"color: #008080;\"><span style=\"font-family: arial;\">Avril 2017, Portet d&rsquo;Aspet<br \/>\n<\/span><\/span><\/h6>\n<div id=\"attachment_2115\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2115\" class=\"wp-image-2115 size-medium\" src=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-13-MasdAzil-StLizier-41p-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-13-MasdAzil-StLizier-41p-300x225.jpg 300w, https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-13-MasdAzil-StLizier-41p-768x576.jpg 768w, https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-13-MasdAzil-StLizier-41p.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-2115\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"font-size: 8pt;\"><em><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\">Village de Montjoie<\/span><\/em><\/span><\/p><\/div>\n<p align=\"left\"><span style=\"color: #000080; font-size: 10pt;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\">De loin, la silhouette d&rsquo;une \u00e9glise fortifi\u00e9e surgit au-dessus des rares champs labour\u00e9s de la r\u00e9gion et des haies qui les d\u00e9limitent. Depuis le d\u00e9part de Mirepoix, les paysages sont plus pastoraux qu&rsquo;agricoles. Ce n&rsquo;est pas le cas ici, sur ces collines. Montjoie est un tout petit village qui domine au sud-ouest la ville de Saint-Girons et \u00e0 l&rsquo;ouest, celle de Saint-Lizier. L&rsquo;apparition, dans ce village, d&rsquo;un vaste monument religieux visible de loin reste un sujet d&rsquo;\u00e9tonnement. L&rsquo;approche par le petit sentier qui y acc\u00e8de r\u00e9v\u00e8le que tout le village de Montjoie, h\u00f4tel de ville compris, semble surgir d&rsquo;un autre temps ; un temps o\u00f9 les campagnes \u00e9taient habit\u00e9es, poss\u00e9daient une \u00e9conomie autonome et ouverte sur le commerce, o\u00f9 la solidarit\u00e9 sociale et religieuse autorisait les habitants \u00e0 construire de telles \u00e9glises.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"left\"><span style=\"color: #000080; font-size: 10pt;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\">L&rsquo;argument, souvent entendu, selon lequel ces b\u00e2tisses furent financ\u00e9es et \u00e9rig\u00e9es par les riches bourgeois et les aristocrates, n&rsquo;est pas enti\u00e8rement convaincant. Il a fallu des artisans, des architectes, l&rsquo;ensemble de la population, pour \u00e9chafauder, puis agencer l&rsquo;ensemble en un tout coh\u00e9rent. On peut imaginer des r\u00e9ticences, mais vraisemblablement peu d&rsquo;\u00e9preuves de force entre b\u00e2tisseurs et habitants locaux. Il fut un temps o\u00f9 l&rsquo;esprit collectif l&#8217;emportait sur les revendications individuelles, m&rsquo;a expliqu\u00e9 dans ce g\u00eete du Portet d&rsquo;Aspet o\u00f9 j&rsquo;\u00e9cris ces lignes, un professeur de litt\u00e9rature m\u00e9di\u00e9vale. Et si les commanditaires et sponsors tenaient \u00e0 ce que leur nom ou leur blason demeurent \u00e9ternellement grav\u00e9s sur un mur, dans une chapelle ou un tympan, ils restaient seconds par rapport \u00e0 ce qui rassemblait la communaut\u00e9 : \u00e0 savoir la religion chr\u00e9tienne, avant la R\u00e9forme, et la collectivit\u00e9 villageoise. La mentalit\u00e9 moderne, dans nos nations, est tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de cet esprit&#8230; Depuis la Renaissance jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui, les architectes signent leurs \u0153uvres, de Brunelleschi et Bramante jusqu&rsquo;\u00e0 Gaudi ou Pi&#8230; sans tenir compte de la multitude des petits m\u00e9tiers qui ont permis leurs r\u00e9alisations. M\u00eame lorsqu&rsquo;on b\u00e2tit des stades de foot&#8230;<br \/>\n<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"left\"><span style=\"color: #000080; font-size: 10pt;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-2116\" src=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/trump-caricature-270x300.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/trump-caricature-270x300.jpg 270w, https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/trump-caricature.jpg 721w\" sizes=\"auto, (max-width: 180px) 100vw, 180px\" \/>J&rsquo;ignore ce qu&rsquo;il faut pr\u00e9f\u00e9rer : aujourd&rsquo;hui, des buildings se dressent \u00e0 l&rsquo;effigie de leur propri\u00e9taire, la Tour Trump en \u00e9tant la parfaite caricature. Le collectivisme id\u00e9ologique des sovi\u00e9tiques ou des mao\u00efstes chinois, qui d\u00e9sirait placer la collectivit\u00e9 avant l&rsquo;individu, n&rsquo;a pas emp\u00each\u00e9 le culte de personnalit\u00e9s qui s&rsquo;\u00e9levaient au niveau du divin&#8230; ce qui signifie qu&rsquo;il rel\u00e8ve du m\u00eame paradigme. Admettons ce besoin moderne de mettre des individus en avant pour signer des \u0153uvres. Amartya Sen, le philosophe \u00e9conomiste indien, posait la question de savoir \u00e0 qui appartenait une fl\u00fbte : \u00e0 celui qui l&rsquo;a financ\u00e9e, \u00e0 celui qui l&rsquo;a fabriqu\u00e9e, \u00e0 son propri\u00e9taire ou \u00e0 celui qui en joue. \u00c0 condition que chacun de ces personnages soient diff\u00e9rents. \u00c0 tous, r\u00e9pondait-il. Si la fl\u00fbte s&rsquo;appelle Hanson ou Yamaha, qu&rsquo;elle appartienne \u00e0 un m\u00e9c\u00e8ne fortun\u00e9, le virtuose fl\u00fbtiste en fait profiter tous les m\u00e9lomanes. Selon les cultures, l&rsquo;accent sera mis sur l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des protagonistes, et dans la n\u00f4tre, ce seront plut\u00f4t le propri\u00e9taire et le concepteur de la marque&#8230; m\u00eame si, dans le cas de l&rsquo;architecture diff\u00e9rent de celui d&rsquo;un instrument de musique, l&rsquo;artisan qui passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une maison qu&rsquo;il a aid\u00e9 \u00e0 b\u00e2tir dira \u00e0 son apprenti, sa fille ou son fils : \u00ab voici une de mes maisons ! \u00bb. N&rsquo;oublions pas cependant ce qui n&rsquo;est pas appropriable, les fameux \u00ab communs \u00bb : mais ce sujet fait l&rsquo;objet de d\u00e9bats et de conflits d&rsquo;int\u00e9r\u00eats. Il reste qu&rsquo;il fut un temps o\u00f9 l&rsquo;esprit collectif recouvrait la revendication individuelle, non sans conflits certainement, mais seule l&rsquo;\u00e9tude des archives permet de les actualiser, ce qui n&rsquo;est pas le cas d&rsquo;un chef d&rsquo;\u0153uvre de Michel-Ange, par exemple, qui fait l&rsquo;objet d&rsquo;un consensus universel et reconnu, ind\u00e9pendamment de tous ceux qui ont contribu\u00e9 \u00e0 sa r\u00e9alisation.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"left\"><span style=\"color: #000080; font-size: 10pt;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\">Je reste assis un certain temps, sandwich \u00e0 la main et gourde \u00e0 proximit\u00e9, au milieu du petit village de Montjoie. Je lis. L&rsquo;apr\u00e8s-midi avance, mais Saint-Lizier, mon objectif est proche. La responsable de l&rsquo;office du tourisme m&rsquo;a pr\u00e9venu qu&rsquo;elle fermait \u00e0 18 heures. L&rsquo;arriv\u00e9e sur le bourg de Saint-Lizier cr\u00e9e une \u00e9motion similaire \u00e0 celle sur la petite cit\u00e9 de Montjoie. De loin, les majestueux \u00e9difices m\u00e9di\u00e9vaux dominent l&rsquo;ensemble de la municipalit\u00e9. Le Palais des \u00c9v\u00eaques \u00e9crase la ville. Les rues anciennes refl\u00e8tent avec plus de criant ce que j&rsquo;\u00e9voquais pr\u00e9c\u00e9demment \u00e0 propos du petit village de Montjoie, \u00e0 savoir l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;ensemble port\u00e9 sans doute par une communaut\u00e9 villageoise. Je n&rsquo;ai pas pu ne pas m&rsquo;\u00e9merveiller devant ces architectures et leur histoire cach\u00e9e.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"left\"><span style=\"color: #000080; font-size: 10pt;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\">Je me prom\u00e8ne dans les rues sur une jambe, avec les b\u00e9quilles, sans proth\u00e8se. Ce n&rsquo;est pas grave. Un sentiment \u00e9trange m&rsquo;a envahi dans les murs du bourg, celui d&rsquo;\u00eatre bien, paisible, d&rsquo;\u00eatre seul et en m\u00eame temps de me penser reli\u00e9 \u00e0 l&rsquo;histoire des hommes. Les rares visiteurs ne viennent que parce que c&rsquo;est \u00e9crit dans les guides touristiques ou parce qu&rsquo;ils aiment les vieilles pierres, les cathos nostalgiques par exemple ou les \u00e9trangers. J&rsquo;ai \u00e9crit par ailleurs que j&rsquo;adorais d\u00e9ambuler au milieu d&rsquo;immeubles modernes ou d&rsquo;entreprises de haute technologie, comme \u00e0 Guangzhou en Chine, \u00e0 La D\u00e9fense \u00e0 Paris ou \u00e0 l&rsquo;A\u00e9rospatiale o\u00f9 j&rsquo;ai travaill\u00e9 dans ma jeunesse. Bon, je suis un peu menteur, car des \u00e9motions face aux \u0153uvres humaines anciennes, j&rsquo;en ai connues par exemple \u00e0 Istambul pr\u00e8s de la Cath\u00e9drale Sainte-Sophie ou \u00e0 Granada, au c\u0153ur de l&rsquo;Alhambra&#8230; et en combien d&rsquo;autres lieux.<\/span><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_2118\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2118\" class=\"size-medium wp-image-2118\" src=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-13-MasdAzil-StLizier-49p-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-13-MasdAzil-StLizier-49p-300x225.jpg 300w, https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-13-MasdAzil-StLizier-49p-768x576.jpg 768w, https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-13-MasdAzil-StLizier-49p.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-2118\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"font-size: 8pt;\"><em><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\">Cath\u00e9drale de Saint-Lizier<\/span><\/em><\/span><\/p><\/div>\n<p align=\"left\"><span style=\"color: #000080; font-size: 10pt;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\">Ici, \u00e0 Saint-Lizier, je suis surpris de ma propre s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et de mon propre d\u00e9tachement \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de toute consid\u00e9ration esth\u00e9tique, mais encore id\u00e9ologique, confessionnelle ou philosophique. Voici la Cath\u00e9drale et son impressionnant clo\u00eetre. Je go\u00fbte le simple bonheur d&rsquo;\u00eatre l\u00e0, en cette localit\u00e9 et au milieu de la Cath\u00e9drale, o\u00f9 les murs, la nef, les colonnes, les fresques d\u00e9voilent, sans forcer le regard, une forte pr\u00e9sence, celle de l&rsquo;histoire sans doute, certainement plus, peut-\u00eatre. Ma solitude en para\u00eet plus contrast\u00e9e. Comment lire la \u00ab vie \u00bb dans ces espaces o\u00f9 elle s&rsquo;est fig\u00e9e. Je reste longuement assis pr\u00e8s d&rsquo;une statue de Notre Dame, situ\u00e9e dans un contre-jour qui permet difficilement une belle photo. Apr\u00e8s plusieurs essais, je me contente de ce que permet l&rsquo;appareil photo. Le Palais \u00e9piscopal est malheureusement ferm\u00e9 et inaccessible. De plus, je suis fatigu\u00e9 apr\u00e8s une longue marche, le moignon est en feu et je n&rsquo;ai pas le courage d&rsquo;escalader la colline pour y acc\u00e9der.<br \/>\n<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"left\"><span style=\"color: #000080; font-size: 10pt;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\">L&rsquo;h\u00e9bergement se situe dans l&rsquo;ancien H\u00f4tel-Dieu (h\u00f4pital) de Saint-Lizier, adoss\u00e9 \u00e0 la Cath\u00e9drale et au clo\u00eetre. Le confort est l\u00e0. Une sympathique institutrice, Jeannette, vient me rejoindre un peu plus tard. Elle vient de Foix. Elle a eu une vie bouscul\u00e9e, s&rsquo;affirme ath\u00e9e, et elle parcourt le Chemin sans que je parvienne \u00e0 cerner la raison. Elle non plus, semble-t-il. Une rechercher personnelle, probablement, ou un besoin de respirer en dehors de son travail. Le lendemain, \u00e0 Ch\u00e2tillon, je la retrouverai dans un g\u00eete qui est l&rsquo;exact oppos\u00e9 de celui de Saint-Lizier : un ancien pigeonnier pour deux ou trois personnes, toilettes et douches difficiles d&rsquo;acc\u00e8s. Cette exigu\u00eft\u00e9 va cr\u00e9er entre nous une complicit\u00e9 (chaste, dois-je pr\u00e9ciser) et beaucoup de rires. Jeannette termine \u00e0 Ch\u00e2tillon sa marche de quelques jours. Elle doit rentrer en Ari\u00e8ge pour son travail.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"left\"><span style=\"color: #000080; font-size: 10pt;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\">\u00c0 vrai dire, la journ\u00e9e de marche entre Saint-Lizier et Ch\u00e2tillon est longue. Pour commencer, en raison d&rsquo;indications floues et trompeuses, je m&rsquo;\u00e9gare \u00e0 plusieurs reprises, je traverse des zones r\u00e9sidentielles au-dessus de Saint-Girons, et j&rsquo;ajoute au moins deux kilom\u00e8tres aux dix-huit pr\u00e9vus. Je d\u00e9cide de couper \u00e0 plusieurs reprises par de petites routes d\u00e9partementales tranquilles. Ce jour-l\u00e0 est aussi le Vendredi Saint, la f\u00eate liturgique pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de la R\u00e9forme. Je suis encore tout chaud des entretiens avec le pasteur du Mas d&rsquo;Azil. Alors je marche, concentr\u00e9 sur les textes de la Passion, jusqu&rsquo;\u00e0 les \u00e9couter sur le smartphone, avec l&rsquo;aide du cinqui\u00e8me \u00e9vang\u00e9liste, Jean-S\u00e9bastien Bach. L&rsquo;\u00e9motion est imm\u00e9diate et continue. Mon regard est en cette journ\u00e9e port\u00e9 vers les trahisons, les reniements, les haines, les l\u00e2chet\u00e9s qui entourent l&rsquo;homme J\u00e9sus, plus que vers la r\u00e9v\u00e9lation de son identit\u00e9. L&rsquo;interrogation de Pilate \u00ab qu&rsquo;est-ce que la v\u00e9rit\u00e9 ? \u00bb, suivie de sa fuite en avant, questionne ma sensibilit\u00e9 de philosophe papillon. Il est tellement \u00e0 la mode aujourd&rsquo;hui d&rsquo;entendre dire \u00ab il n&rsquo;y a pas de v\u00e9rit\u00e9 \u00bb, ou \u00ab chacun sa v\u00e9rit\u00e9 \u00bb, que j&rsquo;ai tendance \u00e0 songer que nombre de nos intellectuels et de nos contemporains sont plus proches de Pilate que du Christ. Cela dit, le mot \u00ab v\u00e9rit\u00e9 \u00bb est compl\u00e8tement pi\u00e9g\u00e9 par les dogmatismes de tous ordres, religieux notamment, de ces derniers si\u00e8cles. Or le texte de l&rsquo;\u00c9vangile de Jean ne fait pas dire \u00e0 J\u00e9sus \u00ab j&rsquo;ai la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb, comme l&rsquo;affirment les petits cathos bien-pensants, mais \u00ab je suis la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb, dans son corps expos\u00e9 notamment. Nous naviguons dans d&rsquo;autres oc\u00e9ans. Ce n&rsquo;est pas la v\u00e9rit\u00e9 des id\u00e9es qui est en jeu, comme devait le penser Pilate, form\u00e9 \u00e0 la philosophie grecque, mais la r\u00e9alit\u00e9 corporelle, physique, existentielle, personnelle -et peut-\u00eatre un peu politique- de ce personnage hors du commun. On quitte le registre du bavardage id\u00e9ologique et religieux (dogmatique) pour entrer dans celui de la rencontre personnelle&#8230;<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"left\"><span style=\"color: #000080; font-size: 10pt;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-2121\" src=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-15-Castillon-PortetdAspet11p-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-15-Castillon-PortetdAspet11p-300x225.jpg 300w, https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-15-Castillon-PortetdAspet11p-768x576.jpg 768w, https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-15-Castillon-PortetdAspet11p.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>&#8230; et celui de notre condition humaine, bien en amont des doctrines et des critiques. Aujourd&rsquo;hui, je lis les \u00c9vangiles et la Bible non sous l&rsquo;angle \u00e9thique, politique ou religieux, encore moins sous l&rsquo;angle moralisateur, mais essentiellement sous celui de la condition humaine. Je parle de la condition humaine en songeant \u00e0 notre finitude, \u00e0 l&rsquo;exercice de notre volont\u00e9, de notre intelligence et de nos sensibilit\u00e9s au sein de tous les d\u00e9terminismes de notre nature et de notre culture : d\u00e9terminisme ontog\u00e9n\u00e9tique, celui de nos apparences physiques, sexuelles et de nos capacit\u00e9s et limites psychiques et \u00e9motionnelles ; d\u00e9terminisme phylog\u00e9n\u00e9tique, celui de notre existence historique, g\u00e9ographique et sociologique qui nous a fait appara\u00eetre sur tel ou tel rameau particulier du buisson de l&rsquo;humanit\u00e9 ; d\u00e9terminisme \u00e9v\u00e9nementiel qui fait que tel ou tel accident ou rencontre al\u00e9atoire bouleverse notre itin\u00e9raire. La morale ne m&rsquo;int\u00e9resse pas ou plut\u00f4t, elle passe au second plan. Le droit non plus. Elle sont des n\u00e9cessit\u00e9s du bien-vivre ensemble, mais elles ne r\u00e9solvent pas l&rsquo;interrogation pos\u00e9e par le sens de notre existence. La Passion du Christ, je la lis ainsi, comme r\u00e9ponse ouverte au sens de la vie&#8230; \u00ab pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu&rsquo;ils font \u00bb. Combien de fois ai-je crois\u00e9 des personnes r\u00e9volt\u00e9s par telle situation politique ou \u00e9thique, mais qui en fait cachaient une interrogation v\u00e9ritablement m\u00e9taphysique ? Et tant pis si, en \u00e9crivant de telles lignes, je tourne mon regard ailleurs que vers les fausses \u00e9vidences de nos mentalit\u00e9s et moralit\u00e9s modernes.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"left\"><span style=\"color: #000080; font-size: 10pt;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\">Tout cela est bien difficile \u00e0 partager. La m\u00e9ditation et l&rsquo;\u00e9coute musicale de la Passion du Christ m&rsquo;unifie au-del\u00e0 des dimensions mentales et physiques, morales et sensationnelles, \u00e9motives et raisonnables. Je suis un philosophe papillon beaucoup plus sensible \u00e0 l&rsquo;\u00catre qu&rsquo;au Bien, pour gloser avec pr\u00e9tention sur les anciens Universaux. Et cela me rend irr\u00e9ductible \u00e0 toute religion, toute \u00e9thique, toute id\u00e9ologie politique. Le soir, avec Jeannette, dans le pigeonnier de Castillon-, je suis incapable de partager cette derni\u00e8re exp\u00e9rience de la marche qui me rend p\u00e8lerin et compagnon. Est-ce n\u00e9cessaire, du reste ?<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"left\"><span style=\"color: #000080; font-size: 10pt;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\">*<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"left\"><span style=\"color: #000080; font-size: 10pt;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\">Le ciel est couvert. J&rsquo;ai pr\u00e9vu de m&rsquo;arr\u00eater \u00e0 une dizaine de kilom\u00e8tres, compte-tenu de la longue journ\u00e9e du vendredi sous le Soleil. Seulement, les deux h\u00e9bergeuses signal\u00e9es sur les guides et conseill\u00e9es dans d&rsquo;autres g\u00eetes ne r\u00e9pondent pas au t\u00e9l\u00e9phone, ni aux textos. On verra bien. Pour acc\u00e9der \u00e0 cet h\u00e9bergement, le randonneur doit grimper une c\u00f4te assez raide. Suite \u00e0 l&rsquo;absence de r\u00e9ponse et comme la m\u00e9t\u00e9o est adapt\u00e9e \u00e0 la marche, je continue sur la route goudronn\u00e9e. Il y a peu de v\u00e9hicules. Tant mieux. J&rsquo;apprendrai plus tard que les deux h\u00f4tesses de cet h\u00e9bergement sont en retraite.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"left\"><span style=\"color: #000080; font-size: 10pt;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\">O\u00f9 aller, alors ?<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"left\"><span style=\"color: #000080; font-size: 10pt;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\">Le ciel est toujours sous les nuages. Quelques gouttes de pluie tombent \u00e7\u00e0 et l\u00e0, sans mouiller. Il faut savoir que la marche au Soleil peut \u00eatre agr\u00e9able quand il ne fait pas trop chaud, mais le moignon dans la proth\u00e8se n&rsquo;aime pas que la temp\u00e9rature s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve. Il y a transpiration et irritations, et vite fragilit\u00e9s et apparition de fermentations. Bon, je sais, ce n&rsquo;est pas ragoutant, mais la marche d&rsquo;un unijambiste, c&rsquo;est aussi cela. Comme la m\u00e9t\u00e9o est convenable, une id\u00e9e germe dans mon cerveau. Et si je montais jusqu&rsquo;au Col du Portet d&rsquo;Aspet, \u00e0 une vingtaine de kilom\u00e8tres, point le plus \u00e9lev\u00e9 du Camino Pyr\u00e9n\u00e9en. L&rsquo;id\u00e9e me stimule, et, en d\u00e9but d&rsquo;apr\u00e8s-midi, je t\u00e9l\u00e9phone \u00ab Chez Jo \u00bb, caf\u00e9-restaurant qui propose le logis aux p\u00e8lerins, quelques centaines de m\u00e8tres avant le Col, dans le village du Portet d&rsquo;Aspet. Puisque je br\u00fble une \u00e9tape, et si le lieu l&rsquo;autorise, je m&rsquo;arr\u00eaterai deux jours l\u00e0-haut. Les avis internet sur \u00ab Chez Jo \u00bb sont tr\u00e8s positifs.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"left\"><span style=\"color: #000080; font-size: 10pt;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2119\" src=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-15-Castillon-PortetdAspet17p-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-15-Castillon-PortetdAspet17p-300x225.jpg 300w, https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-15-Castillon-PortetdAspet17p-768x576.jpg 768w, https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-15-Castillon-PortetdAspet17p.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>Je marche all\u00e8grement sur la route. De vieux villages pittoresques, Orgibet, Augirein, d\u00e9corent la promenade. C&rsquo;est une des plus belles journ\u00e9es depuis le d\u00e9part. Arriv\u00e9 \u00e0 Saint-Lary, petit village au pied du Col, je me ravitaille dans la seule petite \u00e9picerie ouverte, tenue par une charmante dame dont l&rsquo;accent trahit qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas du pays. Sa gentillesse donne \u00e0 penser qu&rsquo;elle est l\u00e0 pour les randonneurs tout autant que pour les habitants.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"left\"><span style=\"color: #000080; font-size: 10pt;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif;\">Pour monter au Col, il y a deux acc\u00e8s, soit par lva route, soit par le GR \u00e0 travers les bois. L&rsquo;\u00e9pici\u00e8re me recommande vivement de passer par le sentier bois\u00e9, car la route pourrait s&rsquo;av\u00e9rer dangereuse. Et elle a raison, \u00e0 une nuance pr\u00e8s. Le sentier qui quitte Saint-Lary est abrupt. Le c\u0153ur bat violemment, malgr\u00e9 les efforts pour conserver une allure de tortue, au point que je pense qu&rsquo;il va exploser. Mais ce n&rsquo;est pas une mauvaise id\u00e9e, car ensuite sur plusieurs kilom\u00e8tres, le GR reste \u00e0 flanc de coteau. <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-2120\" src=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-15-Castillon-PortetdAspet42p-300x222.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"222\" srcset=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-15-Castillon-PortetdAspet42p-300x222.png 300w, https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-15-Castillon-PortetdAspet42p-768x569.png 768w, https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/2017-04-15-Castillon-PortetdAspet42p.png 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>Le coefficient de la pente vers le Col du Portet d&rsquo;Aspet est faible. Il faut franchir un petit col, pr\u00e8s d&rsquo;une ferme. Le propri\u00e9taire, en voyant ma proth\u00e8se, ne tarit pas d&rsquo;\u00e9loge \u00e0 mon endroit. Le matin, quinze kilom\u00e8tres auparavant, il m&rsquo;a d\u00e9pass\u00e9 en voiture et il m&rsquo;a remarqu\u00e9. La travers\u00e9e des for\u00eats de montagne est un enchantement et l&rsquo;arriv\u00e9e sur le village du Portet d&rsquo;Aspet me laisse un vif souvenir, comme si elle avait \u00e9t\u00e9 bien m\u00e9rit\u00e9e.<br \/>\n<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\" align=\"left\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><a href=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/?p=2214\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif;\"><em>Article suivant, entre le Col du Portet d&rsquo;Aspet et Saint-Bertrand de Comminges<\/em><\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Retour page Compostelle Chemin Pi\u00e9montais (1) Chemin Pi\u00e9montais (2) Chemin Pi\u00e9montais (3) Chemin Pi\u00e9montais (4) Chemin Pi\u00e9montais (5) Chemin Pi\u00e9montais (6) Avril 2017, Portet d&rsquo;Aspet De loin, la silhouette d&rsquo;une \u00e9glise fortifi\u00e9e surgit au-dessus des rares champs labour\u00e9s de la &hellip; <a href=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/?p=2113\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,6,3,8],"tags":[],"class_list":["post-2113","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-compostelle","category-etats-dame","category-philosophie","category-voyages"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2113","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2113"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2113\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2113"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2113"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2113"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}