{"id":1886,"date":"2014-09-17T09:38:16","date_gmt":"2014-09-17T09:38:16","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/?p=1886"},"modified":"2017-03-02T11:39:50","modified_gmt":"2017-03-02T11:39:50","slug":"essai-sur-la-creativite-et-le-developpement-durable-cdd1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/?p=1886","title":{"rendered":"Essai sur la cr\u00e9ativit\u00e9 et le d\u00e9veloppement durable (CDD1)"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-content\">\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\"><em>Suite \u00e0 une r\u00e9flexion de plusieurs mois et d\u2019interventions r\u00e9alis\u00e9es pour divers publics, je propose un essai sur la cr\u00e9ativit\u00e9 dans le cadre nouveau de l\u2019int\u00e9gration de la dimension \u00e9cologique dans nos analyses. Il sera publi\u00e9 sur le blog en diverses parties et je le soumets \u00e0 la sagacit\u00e9 de chacun\u2026 avec toutefois deux r\u00e9serves : la premi\u00e8re, c\u2019est qu\u2019il faut lire le tout avant de pr\u00e9tendre en comprendre les parties, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un travail destin\u00e9 \u00e0 changer nos pr\u00e9suppos\u00e9s. La seconde, c\u2019est de le parcourir avec un esprit critique ouvert (et non avec un esprit clos sur ses propres certitudes), puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un essai. Le d\u00e9but de chaque chapitre sera lu directement sur le site, la suite sera \u00e0 t\u00e9l\u00e9charger en format pdf. Merci de les lire comme vous le voulez, mais surtout de ne pas les diffuser au-del\u00e0 des personnes assur\u00e9es.<\/em><span id=\"more-179\"><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">ESSAI DE R\u00c9FLEXION PHILOSOPHIQUE ET M\u00c9THODOLOGIQUE<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\"> SUR LA CR\u00c9ATIVIT\u00c9 ET LE D\u00c9VELOPPEMENT DURABLE<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\"> DANS LE CADRE D\u2019UNE LOGIQUE DU VIVANT<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\"><a style=\"color: #003366;\" href=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/2011-12-15-Cr\u00e9ativit\u00e9-et-philosophie-de-la-nature-Bruxelles-1.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-181\" title=\"turbulence de la vie\" src=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/turbulence4bis.gif\" alt=\"turbulence de la vie\" width=\"175\" height=\"113\" \/><\/a><\/span><\/p>\n<h5 style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 10pt; color: #003366;\"><em>ARTICLE COMPLET EN CLIQUANT SUR L\u2019IMAGE<\/em><\/span><\/h5>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\"><strong>1. Introduction<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">1.1. L\u2019espace et le temps<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Dans l\u2019expression \u00ab\u00a0D\u00e9veloppement Durable\u00a0\u00bb, concept devenu aujourd\u2019hui courant et parfois porteur d\u2019id\u00e9es, d\u2019attitudes et de pratiques centrifuges, il y a l\u2019adjectif \u00ab\u00a0durable\u00a0\u00bb et par cons\u00e9quent le substantif \u00ab\u00a0dur\u00e9e\u00a0\u00bb. La dur\u00e9e est le temps \u00e9tendu. Dans l\u2019appellation anglo-saxonne, l\u2019expression initiale lanc\u00e9e par le Rapport Brundtland \u00e9tait \u00ab\u00a0sustainable development\u00a0\u00bb, traduit par \u00ab\u00a0D\u00e9veloppement soutenable\u00a0\u00bb, proposition pr\u00e9f\u00e9rable dans la mesure o\u00f9 elle sous-entend une activit\u00e9 que le mot dur\u00e9e, dans son sens courant, n\u2019induit pas. Dans la continuit\u00e9 de la pens\u00e9e de Bergson, la dur\u00e9e est en revanche li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9volution cr\u00e9atrice. Cr\u00e9atrice dans deux sens\u00a0: en premier lieu, l\u2019activit\u00e9 cr\u00e9atrice apporte l\u2019\u00e9nergie n\u00e9cessaire pour transmettre dans le temps et un environnement complexe la permanence des syst\u00e8mes, les syst\u00e8mes vivants notamment, \u00e0 contre courant des lois de d\u00e9gradation\u00a0; en second lieu, elle fait surgir ou \u00e9merger du nouveau dans les syst\u00e8mes ou \u00e9cosyst\u00e8mes. Il est important de souligner les deux types diff\u00e9rents de cr\u00e9ativit\u00e9. La thermodynamique et la th\u00e9orie de l\u2019information rappellent que tout syst\u00e8me ferm\u00e9 se d\u00e9grade. Il ne faut donc pas oublier la premi\u00e8re cr\u00e9ativit\u00e9 qui maintient les syst\u00e8mes dans leur complexit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Alors que les pr\u00e9suppos\u00e9s biologiques et \u00e9cosyst\u00e9miques tentent de se substituer aux anciens paradigmes m\u00e9canistes dans les sciences et les organisations, une conception ad\u00e9quate de la cr\u00e9ativit\u00e9 aujourd\u2019hui invite \u00e0 aller au-del\u00e0 de la simple transformation des mod\u00e8les existants. Mod\u00e9liser un syst\u00e8me, quel qu\u2019il soit, est toujours une spatialisation de ce syst\u00e8me, une projection des mouvements, des autonomies, de la cr\u00e9ativit\u00e9 elle-m\u00eame dans des sch\u00e9mas immobiles. La mod\u00e9lisation d\u2019une transformation, d\u2019une \u00ab\u00a0m\u00e9tamorphose si l\u2019on veut\u00a0\u00bb, un changement de forme, risque de n\u2019appara\u00eetre que comme l\u2019\u00e9talage d\u2019une suite discontinue de sch\u00e9mas fig\u00e9s, m\u00eame s\u2019ils sont li\u00e9s logiquement. Elle oublie le temps, la vraie dur\u00e9e au sens de Bergson, c\u2019est-\u00e0-dire la respiration, le battement de c\u0153ur de ces syst\u00e8mes mod\u00e9lis\u00e9s et leur croissance de l\u2019int\u00e9rieur. A fortiori, l\u2019univers du vivant o\u00f9 se croisent des autonomies, des relations de complexification et de multiples \u00e9changes internes et externes dans une grande agitation thermodynamique, est difficilement compatible avec l\u2019expos\u00e9 d\u2019une suite de sch\u00e9mas mod\u00e9lis\u00e9s, aussi convaincants soient-ils. La biologie, l\u2019\u00e9cologie comme sciences des \u00e9cosyst\u00e8mes, l\u2019anatomie, la physiologie, ne peuvent pr\u00e9tendre d\u00e9crire, voire expliquer, des syst\u00e8mes vivants par simple repr\u00e9sentation. Edgar Morin le d\u00e9montre au d\u00e9but du Tome II de sa M\u00e9thode, \u00ab\u00a0la Vie de la Vie\u00a0\u00bb. On ne peut comprendre le vivant en le figeant, en le d\u00e9coupant en tranches dans l\u2019espace et le temps, en l\u2019\u00e9talant sur des plans, en le tuant et en le d\u00e9composant. Ce constat est vrai \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019observation scientifique. Il est vrai \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la mise en technique des acquis scientifiques, dans la culture technologique, industrielle et pourquoi pas manag\u00e9riale. Tuer le vivant pour le d\u00e9crire scientifiquement conduit \u00e0 tuer l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me vivant lui-m\u00eame dans un d\u00e9coupage strictement spatial et s\u00e9quentiel, en omettant la dur\u00e9e. Le d\u00e9veloppement durable n\u2019est donc pas seulement un changement de mod\u00e8le, il est aussi et encore plus un changement de perspective, un appel \u00e0 un changement de perception du r\u00e9el.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Il ne suffit pas de changer ou d\u2019ajuster des mod\u00e8les pour approcher la vie, puis pour saisir les multiples formes de cr\u00e9ativit\u00e9 qu\u2019elle laisse entrevoir. Il ne suffit pas non plus d\u2019adopter de nouveaux paradigmes, m\u00eame si cette adoption fait partie du chemin. Il est n\u00e9cessaire d\u2019aller beaucoup plus loin, c\u2019est-\u00e0-dire, comme sujet, se saisir existentiellement soi-m\u00eame comme vivant. Il importe aussi de retrouver une sensibilit\u00e9 ant\u00e9rieure et post\u00e9rieure \u00e0 l\u2019exercice de la raison analytique, une sensibilit\u00e9 \u00ab\u00a0multi-sensorielle\u00a0\u00bb, de telle sorte que les sch\u00e9mas, les repr\u00e9sentations rationnelles ou autres projections sur des plans, soient support\u00e9s, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s et suivis par la r\u00e9alit\u00e9 vivante elle-m\u00eame. Lorsque la vie est saisie \u00e0 partir d\u2019elle-m\u00eame et non h\u00e2tivement \u00e0 partir de filtres visuels et conceptuels, on \u00e9prouve deux exp\u00e9riences compl\u00e9mentaires et irr\u00e9ductibles \u00e0 toute science et toute raison. D\u2019une part, la vie, comme vie, \u00e9chappe \u00e0 nos emprises et nos filets, d\u2019autre part elle nous traverse puisque nous sommes nous-m\u00eames des vivants.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Ce dernier point me permet de situer philosophiquement la r\u00e9flexion qui suit. Elle s\u2019appuiera sur deux postulats\u00a0: en premier, n\u00e9gativement, l\u2019homme n\u2019est pas d\u2019abord \u00e0 penser comme sujet spirituel, actif et rationnel qui plane, souverain, au-dessus des objets de la nature mat\u00e9riels et passifs. En second, positivement, l\u2019homme doit \u00eatre \u00e9prouv\u00e9 comme \u00eatre vivant, corporel notamment. Il est partie prenante des \u00e9cosyst\u00e8mes qu\u2019il essaie de d\u00e9crire et de comprendre. Il est bon de rappeler que les sciences de l\u2019\u00e9volution naturelle ont montr\u00e9 que l\u2019homme est le produit d\u2019une biogen\u00e8se et d\u2019une \u00e9co-gen\u00e8se dont l\u2019\u00e2ge, sur la Terre, est d\u2019au moins 3,7 milliards d\u2019ann\u00e9e. Prenons une analogie pour mieux se saisir des deux postulats initiaux. Un plongeur sous-marin baigne dans un milieu, et s\u2019il est suffisamment profond, il peut lui arriver de ne voir ni la surface, ni le fond. Il exp\u00e9rimente le milieu dans lequel il est plong\u00e9, il a des sensations diverses, observations, \u00e9coutes, chaud et froid, parfois quelque narcose qui le font r\u00eaver et perdre le sens du r\u00e9el sensible. Il est travers\u00e9 par les flux ambiants, puisque la pression interne du corps est la m\u00eame que celle de l\u2019ext\u00e9rieur. Voici la situation de l\u2019homme comme \u00eatre vivant. Les instruments de mesure et de protection de l\u2019exp\u00e9rience du plongeur sont, analogiquement parlant, \u00e9quivalents \u00e0 ce que sont les dispositifs exp\u00e9rimentaux et conceptuels dans le domaine de la recherche scientifique. Dans un tel contexte, l\u2019\u00e9quipement technique est un prolongement corporel pour \u00e9voluer dans ce milieu inaccessible. Il est absurde d\u2019imaginer, comme le croyait Laplace au XIX\u00e8me Si\u00e8cle dans la suite de la grande illusion post-cart\u00e9sienne, que le scientifique est comme un D\u00e9miurge au-dessus du monde qu\u2019il observe dans sa totalit\u00e9. L\u2019horizon reste celui des ph\u00e9nom\u00e8nes qu\u2019il interpr\u00e8te par la m\u00e9diation des sens et du corps, celle des extensions permises par la technique et celle des cat\u00e9gories conceptuelles que son entendement fixe au d\u00e9part.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Pour que les biologistes reprennent leur esprit, nous nous reporterons \u00e0 ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 la physique, science plus ancienne que la biologie au sens moderne. La biologie se pense objective ou aspire \u00e0 l\u2019\u00eatre. La physique a mis en \u00e9vidence un double aspect\u00a0: d\u2019une part, l\u2019observateur perturbe ce qu\u2019il observe, ce qui signifie qu\u2019on ne peut plus poser un monde physique ind\u00e9pendant de la mani\u00e8re dont nous le saisissons\u00a0; d\u2019autre part, les dispositifs exp\u00e9rimentaux apparaissent comme un miroir physique des mod\u00e9lisations math\u00e9matiques que le physicien con\u00e7oit. Les sciences biologiques et les sciences des \u00e9cosyst\u00e8mes n\u2019en sont malheureusement pas encore l\u00e0. Elles croient d\u00e9crire objectivement un monde ind\u00e9pendant d\u2019elles, alors qu\u2019elles sont le r\u00e9sultat d\u2019une double projection\u00a0: projection sur la sph\u00e8re de notre sensibilit\u00e9 avec une pr\u00e9f\u00e9rence pour le visuel\u00a0; projection sur les cat\u00e9gories conceptuelles qui commandent nos concepts et qui d\u00e9rivent souvent d\u2019une ancienne conception de la physique et de la philosophie. Le paradoxe, c\u2019est que la biologie pense d\u00e9passer les pr\u00e9suppos\u00e9s m\u00e9canistes et m\u00e9triques qui ont habit\u00e9 les sciences \u00e0 leurs d\u00e9buts, mais elle les utilise \u00e0 son insu. Non, nous ne sommes pas des touristes observateurs qui regardons l\u2019oc\u00e9an de la vie de l\u2019ext\u00e9rieur. Nous sommes comme des plongeurs ou comme des poissons qui saisissons des r\u00e9gularit\u00e9s et des ph\u00e9nom\u00e8nes un peu plus larges que nous-m\u00eames dans ce m\u00eame oc\u00e9an qui nous d\u00e9borde et nous habite.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Dans ce que je viens d\u2019exposer, on remarquera que je ne pose pas de diff\u00e9rence de nature entre l\u2019homme et le reste de l\u2019univers, a fortiori des \u00e9cosyst\u00e8mes qui nous portent et nous accompagnent. Plut\u00f4t une diff\u00e9rence de degr\u00e9. L\u2019homme est capable d\u2019objectiver et de conceptualiser ce qu\u2019il exp\u00e9rimente, ce qui lui donne l\u2019illusion d\u2019\u00eatre comme le d\u00e9miurge au-dessus du r\u00e9el. Seulement ce pouvoir se retourne sur lui dans une sorte de tautologie ontologique puisqu\u2019il est lui-m\u00eame le produit de ce qu\u2019il d\u00e9crit. Le retour \u00e0 soi est par cons\u00e9quent n\u00e9cessaire, et s\u2019il n\u2019est pas possible en biologie de l\u2019int\u00e9grer sous forme d\u2019une \u00e9quation (comme en physique, l\u2019est l\u2019\u00e9quation de Schr\u00f6dinger), qu\u2019au moins ce retour \u00e0 soi soit rappel\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement. \u00ab\u00a0La science est le reflet de l\u2019homme dans le miroir de la nature\u00a0\u00bb, \u00e9crivait le physicien quantique Pauli.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Pour saisir la vie apparemment ext\u00e9rieure comme exp\u00e9rience de soi, il existe une m\u00e9diation efficace, c\u2019est celle du va-et-vient entre la repr\u00e9sentation scientifique qui objective l\u2019observation biologique et le r\u00e9cit, c\u2019est-\u00e0-dire la saisie de cette vie dans une temporalit\u00e9 existentielle, qui ouvre l\u2019appropriation subjective de cette vie. Elle induit deux types de raisons\u00a0: la \u00ab\u00a0raison traditionnelle\u00a0\u00bb, faite de logique, d\u2019exp\u00e9rience et d\u2019interpr\u00e9tation\u00a0; la \u00ab\u00a0raison m\u00e9morielle\u00a0\u00bb qui inscrit les objets de connaissance dans une histoire, dans un r\u00e9cit, dans la temporalit\u00e9 cr\u00e9ative. La dualit\u00e9 entre le sujet scientifique surplombant le r\u00e9el tel le d\u00e9miurge de Laplace, et l\u2019ensemble des objets distribu\u00e9s dans l\u2019espace et le temps n\u2019est pas une condition initiale d\u2019une connaissance compl\u00e8te du vivant. Elle est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e, recouverte et impr\u00e9gn\u00e9e par l\u2019existence du temps dans laquelle tous, hommes et b\u00eates, v\u00e9g\u00e9taux et animaux, sommes envelopp\u00e9s. Et ce temps, comme mesure du mouvement de nos objets observ\u00e9s et de nos mouvements int\u00e9rieurs, comme mesure des transformations de la nature et de nos transformations d\u2019observateur, nous ram\u00e8nent \u00e0 ce r\u00e9cit de vie qui est une plus ad\u00e9quate perception de cette vie qui nous \u00e9chappe.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">L\u2019exercice est difficile, je le reconnais. Il est d\u2019autant plus difficile que je serai quand m\u00eame oblig\u00e9 de passer par des repr\u00e9sentations et des sch\u00e9mas pour faire ressortir la cr\u00e9ativit\u00e9 de la vie et du temps. Une sorte de trahison initiale, diront les esprits chagrins. Mais de m\u00eame que dans la Bible, l\u2019\u00c9ternel Adona\u00ef prot\u00e8ge le criminel, Ca\u00efn, de telle sorte que personne ne le tue et qu\u2019il puisse transmettre sa vie, de m\u00eame je prends le risque de tuer d\u00e8s le d\u00e9part ce que je veux vivre, en esp\u00e9rant que d\u2019autres autour et derri\u00e8re moi, trouveront un chemin vers le vivant qui le respectent et peut-\u00eatre m\u00eame lui ouvre de nouveaux horizons. La m\u00e9diation biologique et \u00e9cologique servira, souhaitons-le, \u00e0 cela.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">(\u2026)<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 10pt; color: #003366;\"> <strong><a style=\"color: #003366;\" href=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/2011-12-15-Cr%C3%A9ativit%C3%A9-et-philosophie-de-la-nature-Bruxelles-1.pdf\">Article complet<\/a><\/strong><\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Suite \u00e0 une r\u00e9flexion de plusieurs mois et d\u2019interventions r\u00e9alis\u00e9es pour divers publics, je propose un essai sur la cr\u00e9ativit\u00e9 dans le cadre nouveau de l\u2019int\u00e9gration de la dimension \u00e9cologique dans nos analyses. 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