{"id":1868,"date":"2013-03-04T06:47:07","date_gmt":"2013-03-04T06:47:07","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/?p=1868"},"modified":"2017-03-02T11:11:39","modified_gmt":"2017-03-02T11:11:39","slug":"joie-de-chanter-naturel-avec-haydn","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/?p=1868","title":{"rendered":"Joie de chanter naturel, avec Haydn"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; color: #003366;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-1189\" src=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/papeille2.gif\" alt=\"\" width=\"121\" height=\"107\" \/><span style=\"font-size: 12pt;\">Il y a quelques mois, une amie m\u2019a invit\u00e9 \u00e0 rejoindre sa chorale. Une chorale port\u00e9e vers des grandes \u0153uvres classiques. Cette ann\u00e9e est consacr\u00e9e \u00e0 un vaste oratorio de Haydn \u00ab\u00a0Les Saisons\u00a0\u00bb cr\u00e9\u00e9 en 1801. Il se trouve que l\u2019an pass\u00e9, j\u2019ai pu proposer un parcours d\u2019une douzaine d\u2019heures, \u00e0 la fois musical et philosophique, sur l\u2019autre oratorio \u00ab\u00a0La Cr\u00e9ation\u00a0\u00bb du m\u00eame Haydn, encore un de ses chefs d\u2019\u0153uvre. Et deux \u0153uvres compl\u00e9mentaires. L\u2019article pr\u00e9sent propose une m\u00e9ditation autour du naturalisme et de la cr\u00e9ation, \u00e0 partir de la musique.<span id=\"more-585\"><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Tout d\u2019abord, je ne pr\u00e9sente pas Haydn. Il y a de tr\u00e8s bons articles dans Wikipedia et sur de nombreux sites qui le feront mieux que moi (<a style=\"color: #003366;\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Portail:Musique_classique\">le portail de la musique<\/a>, par exemple). Juste une petite confidence\u00a0: j\u2019ai toujours pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 Haydn \u00e0 Mozart, je ne sais pas trop pourquoi. Sans doute, Mozart est souvent utilis\u00e9 id\u00e9ologiquement et m\u00e9diatiquement. Je ne d\u00e9veloppe pas ce point qui m\u00e9riterait un autre article. Haydn l\u2019a devanc\u00e9 et l\u2019a suivi\u00a0: il distille en lui tout ce que le XVIII\u00e8me si\u00e8cle classique a produit de plus fin. Une sorte de viaduc majestueux entre le baroque, celui de Bach, et le romantisme naissant, celui de Beethoven. Dans le cas des \u00ab\u00a0Saisons\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0La Cr\u00e9ation\u00a0\u00bb, Haydn raffine \u00e0 l\u2019extr\u00eame le balancement entre \u00e9tats d\u2019\u00e2me subjectifs, notamment par l\u2019interm\u00e9diaire des solistes, et la vie sous un paysage objectif. G\u00e9nie de l\u2019\u00e9poque classique, une \u00e9poque \u00e9quilibr\u00e9e. Je joue au piano une sonate de Haydn depuis plus de 40 ans, sans jamais me lasser.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Naturellement, je me suis pench\u00e9 sur les interpr\u00e9tations des \u00ab\u00a0Saisons\u00a0\u00bb du compositeur viennois -dont j\u2019ai appris qu\u2019il \u00e9tait croate d\u2019origine-. J\u2019ai \u00e9cout\u00e9 plusieurs versions : Karajan, Harnoncourt, B\u00f6hm, Jacobs, Gardiner\u2026 Prenons deux extr\u00eames\u00a0: celle de Gardiner est un enchantement. Tempo rapide, fluidit\u00e9 de l\u2019orchestre, des chanteurs et des ch\u0153urs qui se sont adapt\u00e9s au style propos\u00e9 par le chef d\u2019orchestre. Un bonheur tout au long de l\u2019ouvrage. Gardiner utilise aussi les instruments d\u2019\u00e9poque. L\u2019autre extr\u00eame\u00a0: celle de Karajan. Lourdingue, lente et s\u00e9natoriale. Avec l\u2019un des meilleurs orchestres du monde (Berlin) et des chanteurs exceptionnels qui doivent se demander ce qu\u2019ils fichent l\u00e0\u00a0<em>(Gundula Janovitz par exemple\u2026 Mais peut-\u00eatre \u00e9tait-elle amoureuse du bel Herbert ?)<\/em> . Et il para\u00eet qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une version de r\u00e9f\u00e9rence. Non, vraiment, un g\u00e2chis\u2026 et je ne comprends pas comment Karajan peut \u00e0 ce point transformer une merveille de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et de naturel en un pesant d\u00e9fil\u00e9 militaire, m\u00eame si certaines mesures \u00e9parpill\u00e9es \u00e7\u00e0 et l\u00e0 sont grandioses. Non, non, non, ce n\u2019est pas une facilit\u00e9 de ma part, d\u2019affirmer cela. Il suffit d\u2019\u00e9couter\u00a0! M\u00eame si j\u2019exag\u00e8re naturellement, mais c\u2019est une des qualit\u00e9s de ce blog qui repose sur une philosophie de papillon.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Un petit mot suppl\u00e9mentaire concernant les interpr\u00e9tations. Quand un artiste, un \u00e9crivain, un compositeur, un musicien jette une \u0153uvre dans l\u2019ar\u00e8ne du monde, il s\u2019expose \u00e0 une herm\u00e9neutique. Son ouvrage ne lui appartient plus. La mode actuelle qui consiste \u00e0 essayer de retrouver quel \u00e9tait l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit exact de l\u2019artiste et le sens pr\u00e9cis de l\u2019\u0153uvre est une illusion. Toujours la m\u00eame, celle que je d\u00e9nonce tout au long des pages de ce blog\u00a0: celle de pr\u00e9tendre saisir le singulier \u00e0 partir de r\u00e8gles ou de g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s, ou \u00e0 partir de ses sources. La singularit\u00e9 sera mieux exprim\u00e9e dans le croisement infiniment f\u00e9cond de toutes les perspectives (interpr\u00e9tations, donc) et de toutes les interactions avec le r\u00e9el et la vie (\u00e9volution de la musique et de ses perceptions), et non \u00e0 partir d\u2019un pr\u00e9tendu noyau dur et clair qui repr\u00e9sentait l\u2019esprit chimiquement pur du cr\u00e9ateur. Pas plus que Karajan ou Harnoncourt du reste, Gardiner ne peut repr\u00e9senter l\u2019\u00e2me de Haydn. OK. Mais en f\u00e9condant toutes les interpr\u00e9tations possibles de l\u2019ouvrage (et donc une \u00e9coute \u00e0 l\u2019infini), l\u2019\u00e2me du compositeur croate (et allemand) prendra forme en chacun de nous \u00e0 travers nuances, coloris, ondulations de notre propre esprit, \u00e0 travers aussi bifurcations et d\u00e9calages, et s\u2019enrichira comme dans le long processus du vivant.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Bien. La structure des \u00ab\u00a0Saisons\u00a0\u00bb n\u2019est pas compliqu\u00e9e\u00a0: printemps, \u00e9t\u00e9, automne, hiver. Et le style est une merveille de synth\u00e8se\u00a0: depuis les r\u00e9citatifs ou les fugues qui rappellent les oratorios baroques, depuis des chants et des ch\u0153urs vari\u00e9s, aux d\u00e9veloppements m\u00e9lodiques parfois simples, souvent plus impr\u00e9visibles qu\u2019on ne le pense, jusqu\u2019\u00e0 des \u00e9carts et chromatismes orchestraux, ou des associations instrumentales, dignes d\u2019une musique bien plus tardive. \u00c0 titre personnel, j\u2019y entends parfois des figures et des instants que je crois saisir chez Brahms, chez Rimsky-Korsakov, voire au del\u00e0. Vision personnelle, naturellement.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Exemple\u00a0: le ch\u0153ur final de \u00ab\u00a0l\u2019automme\u00a0\u00bb. La f\u00eate des vendanges et la grande so\u00fblerie. Il commence par une affirmation consonante qui se transforme ensuite en fugue rapide et assur\u00e9e -hommage au baroque-\u00a0; puis une seconde partie d\u00e9veloppe une folle danse populaire extraordinairement jouissive et vivante. Ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que je constate que l\u2019\u00e9bri\u00e9t\u00e9 trait\u00e9e par la musique est l\u2019occasion d\u2019une c\u00e9l\u00e9bration de la vie. On la ressent dans la musique russe, tch\u00e8que ou hongroise, parfois fran\u00e7aise (Bizet) ou dans les symphonies de Mahler. Vive le vin\u00a0!<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\"><a style=\"color: #003366;\" href=\"https:\/\/blog.nicolasderauglaudre.net\/wp-content\/uploads\/2013\/03\/Haydn1.mp3\">Choeur final de l\u2019automne<\/a>\u00a0(version Gardiner) <sup>(1)<br \/>\n<\/sup><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">*<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Mon impertinence philosophique de papillon va prendre maintenant le dessus. Haydn a compos\u00e9 deux \u0153uvres autour de la nature et de la cr\u00e9ation. En faisant le rapprochement entre les deux \u0153uvres, j\u2019ai imm\u00e9diatement song\u00e9 \u00e0 l\u2019articulation entre la seconde et la troisi\u00e8me symphonie de Mahler. Haydn a compos\u00e9 ses deux oratorios pratiquement en m\u00eame temps, \u00e0 la charni\u00e8re 1800-1900. \u00ab\u00a0La Cr\u00e9ation\u00a0\u00bb, \u0153uvre th\u00e9ologique (mais aussi naturaliste), a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019une ann\u00e9e \u00ab\u00a0Les Saisons\u00a0\u00bb, \u0153uvre naturaliste (mais aussi d\u00e9iste). Mahler, lui, a \u00e9crit la Seconde Symphonie \u00ab\u00a0R\u00e9surrection\u00a0\u00bb, th\u00e9ologique, avant la Troisi\u00e8me Symphonie, naturaliste elle aussi. Tiens\u00a0? Bizarre. \u00c0 propos de l\u2019articulation entre les deux symphonies de Mahler, je pourrais en \u00e9crire des tartines\u2026 J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 quelque-chose sur la Troisi\u00e8me Symphonie dans mon ancien blog (<a style=\"color: #003366;\" href=\"http:\/\/www.nicolasderauglaudre.net\/ancienblog\/nicorazon.over-blog.com\/article-33446135.html\">suivre ce lien<\/a>).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Petite m\u00e9chancet\u00e9 de papillon : les th\u00e9ologies et philosophies chr\u00e9tiennes se sont toujours m\u00e9fi\u00e9es de la nature et surtout du naturalisme. Retour au paganisme, craignaient-elles, et donc \u00e0 la magie et \u00e0 l\u2019idol\u00e2trie\u00a0! D\u2019o\u00f9 une d\u00e9rive double\u00a0: l\u2019une vers un spiritualisme mystique de plus en plus \u00e9vapor\u00e9\u00a0; l\u2019autre vers une hypertrophie envahissante de l\u2019\u00e9thique, qu\u2019elle ait une forme moraliste (plut\u00f4t \u00e0 droite) ou une forme sociale (plut\u00f4t \u00e0 gauche). Sans oublier une accointance avec la vieille gnose et le m\u00e9pris du corps, des sens, de la sexualit\u00e9 et de la mati\u00e8re\u2026 alors que la vie est justement l\u00e0\u00a0: dans le corps, dans les sens, dans la vie, dans l\u2019interface active entre esprit et mati\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Hegel a bien exprim\u00e9 le fait que l\u2019art, et donc la musique, est le r\u00e9\u00e9quilibrage dialectique de la religion, dans une relation r\u00e9ciproque tendue, mais n\u00e9cessaire. D\u2019ailleurs, les artistes et les cr\u00e9ateurs ont souvent \u00e9t\u00e9 mal vus, voire condamn\u00e9s par les \u00e9glises et par les religions en g\u00e9n\u00e9ral (et aujourd\u2019hui plus que jamais dans ce retour identitaire catastrophique). Quand ils s\u2019y int\u00e8grent ou quand ils ont un fond religieux profond, ils subissent toutes sortes de tracasseries et de censures de la part des autorit\u00e9s religieuses <sup>(2)<\/sup>. Il faut s\u2019appeler Bach ou Haydn pour planer au-dessus. Heureusement, les temps ont semble-t-il un peu \u00e9volu\u00e9 (pas encore partout!) et la quasi totalit\u00e9 des artistes et des musiciens se passent tout-\u00e0-fait de l\u2019avis des pouvoirs religieux. Ouf\u00a0! Souhaitons qu\u2019on ne revienne pas en arri\u00e8re\u00a0! Fin de la m\u00e9chancet\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Il m\u2019int\u00e9resse, dans le cadre de Haydn et de Mahler, le fait que la vie naturelle soit trait\u00e9e musicalement en m\u00eame temps, voire post\u00e9rieurement, \u00e0 la dimension spirituelle et th\u00e9ologique. Sans doute, ne l\u2019ont-ils pas voulu explicitement\u00a0? Je ne sais pas. \u00c0 titre personnel, je suis de plus en plus convaincu que la cr\u00e9ation du monde est post\u00e9rieure et plus vaste que toute id\u00e9e de salut ou de r\u00e9surrection (et toutes leurs casseroles \u00e9thiques et spiritualo-g\u00e9latineuses). Ou en d\u2019autres termes, ce que nous percevons d\u2019un monde en croissance et dont l\u2019origine duquel nous appelons \u00e0 tort \u00ab\u00a0cr\u00e9ation\u00a0\u00bb en la rejetant dans le pass\u00e9, n\u2019est qu\u2019une forme embryonnaire de la vraie cr\u00e9ation qui est \u00e0 la fois dans le pr\u00e9sent, dans l\u2019avenir et dans un \u00ab\u00a0m\u00e9ta continuum spatio-temporel\u00a0\u00bb, pour employer une terminologie relativiste. Ce que j\u2019\u00e9cris l\u00e0 n\u2019a pas forc\u00e9ment une teinte religieuse ou divine. Je crois surtout en l\u2019homme et en ses capacit\u00e9s cr\u00e9atives, et en l\u2019inventivit\u00e9 de l\u2019Univers et de la\u00a0Vie\u2026 La question de Dieu (partout pr\u00e9sent chez Haydn et chez Mahler) n\u2019appartient pas aux religions, et encore moins aux \u00e9glises qui en ont souvent fait un monstre manipulateur, un \u0153il moralisateur envahissant, un justificateur d\u2019usurpation de pouvoir ou un papa g\u00e2teau ou g\u00e2teux <sup>(3)<\/sup>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Une nouvelle alliance entre l\u2019homme et la nature ne peut qu\u2019\u00eatre une source de cr\u00e9ativit\u00e9 infinie, parce que la nature est concr\u00e8tement un lieu de cr\u00e9ativit\u00e9 et de singularit\u00e9 existentielle (et non th\u00e9orique ou abstraite). L\u2019histoire et l\u2019\u00e9volution de la nature le d\u00e9montrent. Jamais rien n\u2019a emp\u00each\u00e9 la vie (et Teilhard ajoute l\u2019Esprit) de progresser, quels que soient les obstacles et les hasards, voire les gr\u00e8ves de la libert\u00e9 qui s\u2019enferme dans ses conforts et ses s\u00e9curit\u00e9s -et qui font les beaux jours des institutions racoleuses qui pr\u00e9tendent nous sauver-.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Haydn, encore sous l\u2019influence d\u2019une cosmologie statique et cyclique, ne pouvait pas percevoir que la cr\u00e9ation \u00e9tait une gen\u00e8se dont nous ne sommes qu\u2019aux balbutiements. Mais intuitivement, il c\u00e9l\u00e8bre la vie, la nature, le corps, l\u2019ivresse, dans \u00ab\u00a0Les Saisons\u00a0\u00bb \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec les beaux d\u00e9veloppements spirituels de sa \u00ab\u00a0Cr\u00e9ation\u00a0\u00bb. Aucun m\u00e9pris de la nature, bien au contraire. Et dans les deux cas, une joie de vivre et de chanter. Mahler, lui, est plus grin\u00e7ant et souvent plus angoiss\u00e9, il faut le reconna\u00eetre. Pourtant l\u2019ode \u00e0 la cr\u00e9ation de la Troisi\u00e8me Symphonie suit l\u2019ode \u00e0 la R\u00e9surrection de la Seconde Symphonie, et cet encha\u00eenement n\u2019est sans doute pas fortuit. D\u2019ailleurs, la troisi\u00e8me Symphonie se termine par un merveilleux hymne \u00e0 l\u2019amour qui va bien au-del\u00e0 d\u2019une affaire sentimentale et subjective. Il s\u2019y concentre toute la richesse de l\u2019ensemble de la symphonie, d\u00e9montrant que l\u2019amour est au d\u00e9part comme \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e une cr\u00e9ation concr\u00e8te buissonnante, de plus en plus vivante et un d\u00e9ploiement de merveilles, et non une fusion entropique ou un sentiment \u00e0 enfermer dans des cadres juridiques et institutionnels. Quant aux \u00ab\u00a0Saisons\u00a0\u00bb de Haydn, elles sont toutes pleines d\u2019amour, de sensualit\u00e9 et de vie. Le secret de la musique est de contourner soit implicitement, soit explicitement les droites, les parall\u00e8les, les perpendiculaires, les verticalit\u00e9s et les horizontalit\u00e9s. Implicitement quand il y a architecture, explicitement quand il y a improvisation. Libert\u00e9s du papillon qui butine et de l\u2019abeille qui construit.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 12pt; color: #003366;\">Bref, \u00e9coutons Haydn (et Mahler) avec le bonheur de vivre et d\u2019exister en tant qu\u2019\u00eatres naturels.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 10pt; color: #003366;\"><small>(1) D\u00e9sol\u00e9, ce n\u2019est que du MP3 en qualit\u00e9 dite \u00ab\u00a0normale\u00a0\u00bb. Si le lien ne fonctionne pas, cliquer avec le bouton droit et faites \u00ab\u00a0enregistrer le lien sous\u00a0\u00bb ou \u00e9quivalent.<\/small><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 10pt; color: #003366;\"><small>(2) Voir divers articles pr\u00e9c\u00e9dents<\/small><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: trebuchet ms,geneva,sans-serif; font-size: 10pt; color: #003366;\"><small>(3) Ma r\u00e9flexion sur ce th\u00e8me est de plus en plus avanc\u00e9e. J\u2019esp\u00e8re pouvoir un jour la mettre en forme par \u00e9crit.<\/small><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a quelques mois, une amie m\u2019a invit\u00e9 \u00e0 rejoindre sa chorale. Une chorale port\u00e9e vers des grandes \u0153uvres classiques. Cette ann\u00e9e est consacr\u00e9e \u00e0 un vaste oratorio de Haydn \u00ab\u00a0Les Saisons\u00a0\u00bb cr\u00e9\u00e9 en 1801. 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