Investigations trinitaires (15) : Navigations dans l’histoire. (B)

INVESTIGATIONS TRINITAIRES (15) – Petites navigations dans l’histoire -suite sans fin-.

Résumé : Le risque du passage d’une confession vivante au sein de multiples communautés vers une doctrine qui pense unifier la société, de par sa propre cohérence, a mené à des dérives. L’inquisition, par exemple, est l’archétype de tous les totalitarismes qui fondent leur unité sur une idéologie. Sur le « ce qui doit être », plutôt sur « ce qui est », à savoir la vie. L’article se termine sur trois analogies exploitables qui ont permis et peuvent encore permettre de participer à l’aventure trinitaire dans sa fonction créatrice et libératrice, tout en gardant son mystère originel.

Investigations trinitaires 14 – Petits tours dans l’histoire (A)

Le lecteur me pardonnera de cette partie de l’article qui est extrêmement schématique. Qu’il le prenne comme un tuteur qu’il pourra enlever de l’arbre quand, après développement, celui-là aura son propre accès à la lumière et sa propre énergie dans le sol. Chaque point proposé mérite approfondissement et nuance, mais pour cela, je renvoie à ma propre méthodologie que j’exposerai dans un article ultérieur.

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Glissement spirituel et social.

Le fait qu’une confession religieuse se détermine, non autour d’une expérience ou de plusieurs expériences spirituelles, ou autour d’une alliance (comme dans la Bible), ou autour de rites d’exorcisme et de visions sensibles, intuitives ou symboliques (comme dans les religions naturelles), mais autour d’une doctrine et de dogmes, est une nouveauté. Ceci n’est pas sans conséquences dans l’histoire des hommes, et notamment de l’Occident.

Dans le contexte de la distinction des deux grands Empires Romains, et de périodes troublées qui ont accompagné la décadence de l’Empire occidental, le rassemblement autour de doctrines peut se comprendre. Il y a une véritable transformation qualitative du point de vue de la recherche d’un rassemblement, même si la doctrine exprimée dans le dogme trinitaire est de forme et de contenu paradoxaux. Dans les écoles de l’Antiquité grecque et romaine, dans la tradition rabbinique et sans doute dans d’autres sphères intellectuelles sur notre bonne Planète Terre, en Chine ou en Inde (il faudrait voir), les idées restent de l’ordre du débat. La parole de Rabbi Eliezer n’est pas celle de Rabbi Ben Zakkai ou de Rabbi Gamaliel, la conception du monde des stoïciens n’est pas la même que celle des aristotéliciens ou des atomistes. Socrate n’a pas été tué en raison de ses idées, mais parce qu’il corrompait la jeunesse et risquait la division de la nation. Jésus pareil, du reste : il divisait le peuple et il blasphémait. Etc. Au risque de faire de la peine à Guy Béart, ce n’est pas parce qu’il ont été les premiers à dire la vérité qu’ils ont été exécutés. Ou alors il ne s’agit pas de vérité intellectuelle : et est-ce que la vérité se dit ?

À travers les débats autour du mystère trinitaire et leur conclusion conciliaire, il a pu apparaître qu’un semblant d’unité se produisait au sein de la pensée. Comme après une réunion d’entreprise où tout le monde s’est mis d’accord et qui finit par un verre autour de la table, on aurait pu croire que l’unité autour des Grands Conciles aurait mis un terme à des chicanes sans fin. Mauvais choix. L’unité des idées tue le temps, la créativité et la vie. En réalité, c’est un redoutable piège explosif qui a été posé, non par rapport au contenu, mais dans le fait qu’une unité s’imagine se réaliser autour d’une doctrine, autour d’un système d’idées. La suite de l’histoire l’a démontré.

La rupture entre l’Occident et l’Orient a été évoquée. Doctrinalement, elle a reposé sur des malentendus dans l’interprétation des confessions de foi. Mais sous l’angle de la culture, elle reflétait vraisemblablement l’incompatibilité entre la subtilité intellectuelle grecque, un peu anarchique parfois, et le sens de l’organisation juridique romaine, plus grossière et moins sensible aux nuances… Les siècles dits « sombres », qui ont suivi l’effondrement de l’Empire Romain d’Occident, ont en même temps assis le pouvoir des clercs et des moines, et l’institutionnalisation des évêchés sur les anciennes préfectures romaines. En même temps, sont arrivés, pour le malheur de l’Occident à nos yeux contemporains, ce que les romains ont malencontreusement appelé les « barbares » (mot devenu péjoratif, alors qu’il ne l’était pas initialement).

Puis il y a eu la naissance de l’Islam, ses conquêtes et son affirmation sans modération d’un monothéisme strict, qui pose une question essentielle à un Christianisme devenu une affaire de clercs et de hiérarchie religieuse. Les coups de balai des diverses razzias et invasions normandes ou post caucasiennes, voire orientales, ont achevé la désorganisation des cités antiques et des routes qui les reliaient, etc.

Au milieu de ces chocs, puis des phénomènes résilients, l’église chrétienne a étendu son pouvoir souvent consolant, parfois inquiétant. Une église disons adolescente, a suivi l’enfance au sein d’un empire maternisant. L’enfance est terminée. Les clercs et les spirituels ont progressivement pris le pouvoir : de mon point de vue, c’est une dérive équivoque, voire dangereuse. Elle a de beaux côtés. Je respecte les Augustin, Benoît, Patrick, Basile (ce dernier, pour lequel j’ai une petite tendresse) et autres grands personnages de l’église chrétienne d’Orient et d’Occident des derniers siècles grecs et romains. Mais, de même que les prophètes sont pertinents tant qu’ils restent à l’intérieur de leur contexte historique et géographique, les grands fondateurs des spiritualités sont préférables au sein des communautés qu’ils créent. Ils deviennent dangereux quand leur intuition initiale se transforme en doctrine universelle que des institutions imposent ensuite à la population. Comme nombre d’adolescents qui cherchent le sens de leur vie à travers des idées ou un idéal. Étape, peut-être. Finalité ? Pas sûr.

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Je ne reviens pas sur le schisme de 1054 entre catholiques et orthodoxes. Ce fut bien malheureux et une catastrophe pour l’histoire de l’Europe, voire de la Planète entière. En revanche, j’ai une certaine déférence admirative devant diverses nouveauté du monde médiéval : la naissance des universités après l’An Mille, le respect des moines face à la culture, souci croissant des pauvres, des malades et des exclus, apparition des hôpitaux, défrichage des paysages qui a plus ressemblé à un jardinage progressif qu’à une exploitation industrielle… bref l’assez belle civilisation que toute cette renaissance millénaire a produite, notamment aux Douzième et Treizième siècles : le monde roman, puis gothique, l’organisation politique, sociale et juridique de ces époques ont autant de valeur que la future Renaissance italienne, puis européenne des Quinzième et Seizième Siècles.

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La doctrine prend le dessus sur la vie.

Malheureusement, il y a des faces sombres. Le fait qu’une doctrine, via un credo, devienne le phare des pratiques religieuses et politiques est une de ces faces sombres. Alors qu’elle aurait dû être soumise à des herméneutiques au plan universitaire et monastique, et inspiratrice de la vie des communautés, la doctrine est fâcheusement devenue une règle d’appartenance religieuse et sociale. La notion de « vérité » ne s’oppose plus au mensonge et à la malignité morale d’individus ou de peuples, comme dans la Bible, mais elle s’oppose à « erreur », au sens conceptuel et presque scientifique du terme. Le mot « dogme » qui, à l’origine, signifiait rassemblement autour d’une opinion, a pris le sens qu’on lui connaît couramment aujourd’hui : vérité absolue, indépendamment de tout débat. Ainsi ce qu’on a appelé les « hérésies », dès l’époque des discussions trinitaires, a perdu sa signification de nécessaires sources de discussions intellectuelles. Elles ont été considérées comme des lieux de danger pour l’unité politique et croyante des communautés. Les propos calomnieux à l’égard d’Origène, d’Arius et autres personnages non orthodoxes de l’Antiquité, ont été évoqués : ils restaient des calomnies. C’est devenu pire. La « vérité » doctrinale devient institutionnelle à travers le tribunal de l’Inquisition, né au Treizième Siècle. Les déviants sont salis et noircis, voire exécutés, non parce que leur comportement est immoral ou asocial, mais parce qu’ils ont des idées ou des doctrines différentes. Les procès avaient l’ambition de rendre rationnelle la justification des condamnations.

Il n’y a pas de précédent à la tragédie qu’a représenté l’Inquisition, même si je sais qu’on exagère souvent son réel impact. Mais elle a servi de matrice et d’archétype à nombre d’horreurs idéologiques qui ont suivi. Les massacres de sorcières, les grands bûchers, les pogroms, qui ont succédé à l’effondrement de la Chrétienté médiévale après les grandes pandémies et les famines, puis aux guerres de religion, sont du même ordre. Pas moins que l’Église Catholique, le Calvinisme genevois s’est souvent comporté en inquisiteur. Il y a eu autant de sorcières brûlées dans le Nord que dans le Sud, dans le monde protestant que catholique, avec la complicité tacite et parfois explicite de savants qui voulaient arracher aux femmes le pouvoir qu’elles avaient sur la vie. À partir du Dix-Huitième Siècle, ce sont les idéologies politiques dites laïques qui ont pris le relais, même quand elles se prétendaient des Lumières.

Je rappelle une de mes thèses : les idées sont au service de la parole créatrice, de la convivialité, de la vie, de la démocratie, de la vie politique et éthique, et non l’inverse. Même si on peut espérer que les inquisitions et leurs poussins laïcs et athées ont connu leurs dernières heures de sombre gloire dans les goulags et les camps d’extermination, elles sont encore présentes dans certains milieux universitaires et médiatiques, et dans des courants religieux à la mode.

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Il est possible de lire la Réforme protestante comme non seulement une révolte contre les abus des institutions de l’Église Catholique, mais comme une revendication fondamentale de la Parole et de la liberté d’expression contre le diktat idéologique et doctrinal, non sur le contenu (le protestantisme a conservé le credo trinitaire), mais sur la forme et le pouvoir sur le processus des consciences. Les process et le travail du temps sont toujours plus pertinents à analyser, et plus vrais que les spéculations abstraites sur les résultats acquis. Le rappel de la vie organique et de la noosphère, qui se réalisent lentement avec la durée et l’apprivoisement de la pesanteur (au sens propre comme au sens figuré), doit rester plus fort et plus vrai que les brillantes et séduisantes synthèses intellectuelles ou morales atemporelles. Adonaï dans la Bible est un Dieu Vivant et non une idée ou une norme atemporelle morte. Sous cet angle, il est possible de comprendre le désintérêt qu’ont pu prendre les acquis abstraits et dogmatiques de l’aventure de la formulation du mystère trinitaire.

Il y a bien sûr d’autres raisons historiques à cet effacement.

Ce qui vient d’être écrit est quelque peu simpliste. Un scientifique philosophe que j’aime beaucoup a démontré, par exemple, la richesse qu’a représenté la scolastique au Moyen âge pour le développement de la logique et de la dénaturalisation du monde… et elle a permis l’émergence de la science moderne. Du reste, les discussions scolastiques sont une bonne analogie de ce que pourrait être une démocratie vivante, indépendamment du contenu parfois abscons des échanges. Pourquoi pas également le process de compréhension de l’aventure trinitaire, du point de vue de la confession et de la doctrine. Finissons-en avec le Moyen âge et ses conséquences plus récentes. Les historiens spécialistes du Moyen âge ont depuis longtemps montré que les mille ans de l’époque médiévale sont autre chose que des famines, des croisades, des incendies, des procès en sorcellerie et le pouvoir des inquisiteurs, que la BD et la littérature fantastique exploitent sous des formes anachroniques : il s’est produite une évolution des technologies, une organisation des territoires et l’enrichissement de l’agriculture et de l’élevage, la juridiction de structures contractuelles entre les acteurs sociaux, la disparition progressive de l’esclavage antique -même s’il a repris de la vigueur ensuite-, la réorganisation du commerce et des échanges, l’évolution des arts, notamment de l’architecture, des tâtonnements de l’urbanisme jusqu’aux formes modernes… etc. Et les spécialistes savent, à l’époque de la pandémie de coronavirus, qu’il n’y a pas eu de peste au Moyen âge entre la grande Peste de Justinien au Sixième Siècle, et la Peste Noire au Quatorzième Siècle. Huit siècles, quand même ! Stop. Ne nous éloignons pas du sujet.

Pour clore ce chapitre, il faut ramener le mystère trinitaire à ce qu’il est et devrait être : un hymne à la vie, à l’existence, à la liberté de la parole, au partage et à la joie de la rencontre personnelle et de la convivialité, l’arrière-fond d’une vie politique équilibrée et paisible. Non sans oublier d’en rappeler la douleur de Job, naturellement. Le tout au service de la création partagée.

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Relectures : analogie psychologique et analogie politique. Analogie physico-cosmique.

De cette aventure vers la confession trinitaire dans l’histoire, je propose trois relectures analogiques pour une participation active ou contemplative à la vie trinitaire. Elles ne sont pas explicites dans les débats de l’Antiquité, mais exploitables pour la recherche de sens. La première reprend et se fonde sur l’analogie psychologique que je pique, avec beaucoup d’irrespect, à Augustin ; la seconde s’appuie sur l’analogie politique et inter-personnelle, que je me permets d’attribuer à Basile et plus largement, à la vision des Cappadociens, Grégoire de Nazianze et Grégoire de Nysse ; la troisième concerne la création et l’univers, idées qu’on pourrait inférer de Teilhard, de la Process Philosophy ou de thèmes de la Kabbale, mais aussi de la patristique et de penseurs médiévaux comme Nicolas de Cues ou Maître Eckart. N’étant pas moi-même spécialiste, les experts de la théologie antique et médiévale ne s’y reconnaîtraient sans doute pas, mais cette catégorisation me permet d’offrir des visages à ces trois relectures.

Une grande partie de la théologie occidentale post nicéenne s’est servie de l’héritage d’Augustin et de sa pertinente analyse psychologique de ce qu’on appelait l’âme humaine et son unité substantielle. La structure doxologique « Père-Fils-Esprit » a trouvé une analogie descriptive dans le schéma « Mémoire-Intelligence-Volonté », ou « Mémoire-Parole-Amour », avec plus ou moins de force et de consistance sur tel ou tel aspect. Quand on parle de volonté, il ne s’agit pas de volontarisme, sorte de volonté qu’on s’impose de l’extérieur, mais de la volonté propre, naturelle, qui incline l’action à partir de l’intérieur de soi. Le Fils est la Parole du Père, lui-même mémoire initiale et mémoire finale du monde. L’Esprit ramène le Fils vers le Père, comme la vérité réunit la pensée et la parole, ou comme la volonté actualise la parole dans les actes et les réconcilie. Augustin utilise également l’image de l’amour qui unit l’amant et l’aimé. Parfois on a du mal à saisir s’il s’agit réellement de l’amour de soi, ou de l’amour de l’autre, en dépit de la tentative d’explication des « deux Cités ». Ce qui importe, c’est l’unité, bien exprimée dans l’unité de l’âme… et peut-être bien aussi, l’unité dans la société qui a justifié les monarchies et organisations pyramidales au sein de la Chrétienté occidentale. Au fond, la Trinité se fusionne dans l’Unité de la nature divine, et les théologies privilégient l’unité substantielle aux interactions personnelles, ce que souvent les orientaux reprocheront aux occidentaux… source à leurs yeux de perte de sens trinitaire et asservissement de la théologie à la philosophie. Personne ne trouvera sans doute cette interprétation telle quelle, mais elle représente les tendances que l’on retrouve fréquemment dans les théologies médiévales et post-scolastiques, en Occident. Allez, laissons nous tenter.

La seconde grande analogie utilise plutôt celle de la communauté des personnes. Dans ce cas, la Trinité est plutôt lue sous l’analogie de la famille, de la fraternité monastique, voire de la communauté humaine. Dimension plus politique, où convivialité et démocratie -donc égalité des personnes- expriment le mieux, et réciproquement, ce qui se passe au cœur de la vie divine, dans le tourbillon trinitaire. Pourquoi est-ce que j’attribue cette analogie à Basile de Césarée et aux Cappadociens ? Tout simplement, parce que Basile s’est servi de la Trinité pour dénoncer la vision monarchique des Ariens (pour flatter l’Empereur et le récupérer dans leur giron) et encourager une gestion démocratique et non monarchique de l’Empire. Basile est un des initiateurs du monachisme oriental. Il met l’accent sur l’Esprit qui, contrairement à l’affirmation des Ariens, est égal aux autres personnes divines, et non inférieur. Et inversement : l’idée de démocratie, l’unité dans la diversité, dans la fraternité, en opposition avec l’autorité hiérarchique encouragée par les détracteurs ariens et sabelliens, expriment la diversité des personnes divines au sein de la Trinité. Le mouvement prend le dessus sur l’immobilité, la prière trouve un véritable sens théologique bien au-delà des sentiments.

Là encore, les experts de la Patristique estimeront que j’exagère le rôle de Basile. Il serait plus juste d’y associer Grégoire de Nazianze, meilleur théologien que son ami, mais peut-être trop spirituel par rapport à Basile, dont le rôle politique est plus marquant ; et Grégoire de Nysse, dont la mystique m’a beaucoup aidé dans ma jeunesse. Bref, les trois Cappadociens, face à l’unique Augustin ! Comparaison facile et racoleuse ! Je remercie les spécialistes d’accepter mes fantaisies. Il est toutefois notable, par exemple, que Basile soit à l’origine du monachisme d’Orient, plus égalitaire et moins juridique, moins centré sur l’abbé ou le prieur, que dans les règles du monachisme d’Occident, celles de Benoît ou de Patrick. De même tandis que la Chrétienté occidentale s’est articulée autour du Pape et de l’Empereur contre la tradition de l’Église ancienne qui respectait l’idée de « cinq Patriarches » originels, les églises d’orient ont accepté la multitude des patriarcats (qui n’ont malencontreusement pas toujours été des modèles de démocratie). Restons-en aux principes initiateurs.

Cela dit, il y a une troisième analogie à creuser, présente sous forme diffuse chez les théologiens antiques, sous l’influence de la philosophie grecque, mais qui s’est dissoute dans la modernité avec le triomphe de la philosophie du sujet. À nos yeux modernes et contemporains, l’Univers s’est étendu. Comme ce point a été expliqué dans un chapitre précédent, le tourbillon trinitaire n’est pas seulement une affaire de psychologie spirituelle ou de communauté humaine, mais également de processus cosmique (ou chaosmique, écriraient des penseurs post-modernes) : l’univers est en expansion, il est probablement habité ailleurs que sur la Planète Terre, et les multiples phénomènes de la vie sont le produit d’un long développement, tâtonnant, parsemé d’échecs, de résiliences et de renouvellements. Chaque écosystème possède son histoire et son environnement, et chaque entité est inséparable de son écosphère et de son interface avec l’ensemble de l’univers. Si la vie trinitaire se dévoile, participe et s’expérimente dans un lieu singulier et une histoire spécifique, ici sur la Planète Terre, a fortiori, elle se déploie dans l’univers entier et dans chaque noosphère.

Il serait possible également d’utiliser une quatrième analogie, celle du triangle métaphysique être-existence-temps en dialectique avec l’unité récapitulatrice que représente l’infini. Mais elle nous entraînerait trop loin, même si subrepticement, je l’évoque de temps en temps, et je préfère l’interpréter sous l’angle dialectique.

Dans la suite des articles, j’utiliserai ces trois analogies d’un point de vue plus historique, plus cosmique et plus politique, en lien avec la création et la vie : je parlerai donc du témoignage vivant de la Parole et du process de l’Esprit, sous ces angles. Avec la prudence lépidosophique qui s’impose, naturellement. Tout cela reste du domaine de l’analogie, de la dialectique, du symbolique, du jeu entre le jour et la nuit, entre le fini et l’infini…

Investigations trinitaires 15 : Et le Christ ?

Récit d'un unijambiste
sur le Chemin de Compostelle
106 jours de marche, à 2 Km/h
et 14 Km/jour sur 1540 Km...

- Difficultés et joies de la marche d'un handicapé physique -
Tome 1 : Voie du Puy (Édition Nicorazon)Tome 2 : Espagne (Éditions Lepère)

 

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