Investigations trinitaires (00) – Prélude

Résumé : c’est un prélude, donc juste une esquisse de témoignage personnel. S’il vous agrée, vous pouvez continuer le récit dans les articles qui suivent.

Investigations trinitaires. La Trinité est au cœur de la Révélation Chrétienne. À la base de son credo. Spécifiquement chrétienne ? À voir. Les spécialistes le diront. Son mystère semble particulièrement stérile et n’intéresse que ceux qui sont concernés soit d’un point de vue historique, soit d’un point de vue logique et pour quelques méditatifs, d’un point de vue « spirituel ». L’idée qu’elle puisse posséder une dimension éthique, politique et significative dans l’activité humaine est absente des préoccupations de nos contemporains. L’objectif des articles qui suivent est de la rendre présente et opérationnelle dans les activités humaines.

Les pages suivantes sont écrites à la première personne. Écrire à la première personne, là où des dizaines de milliers d’ouvrages se sont déjà exprimés doctement sous forme d’essais, de traités, de thèses, est prétentieux. OK. Sans oublier l’expérience de millions de spirituels, de mystiques, de religieux qui ont vécu sous l’aile trinitaire et qui ont appris à s’effacer devant son mystère.

Je ne cherche pas ici à longuement justifier le choix de parler à la première personne. Il repose sur une conviction première : il paraît difficile de parler de l’Être ou du non Être, de Réalité, ou même de Dieu, de non-Dieu ou du divin, ou prétendre progresser vers plus de vérité et plus de sens, sans parler de soi ou à partir de soi, et réciproquement du reste. Pourquoi ? La seule raison donnée repose sur le fait qu’une vision à la fois globale et discrète du réel tel qu’il se présente à nos sens et à notre entendement, ne peut pas être objective : nous y sommes plongés ; nous ne sommes pas en dehors de l’Être. L’objectivité n’est possible que par rapport à des entités dont on peut se détacher. Une vision globale doit envelopper l’expérience subjective, sinon elle s’imagine être en dehors de la totalité, ce qui est contradictoire d’un point de vue logique. Cela dit, l’inverse est aussi ennuyeux : comment peut-on justifier rationnellement une pensée si elle repose sur une perspective strictement subjective ? Je suis le premier à être agacé par les croyants ou non croyants qui justifient leur credo à partir de leur foi ou de leur expérience « spirituelle ». « Je crois » ou « je ne crois pas », en fonction de ce que ça m’arrange ou pas. Comme si une position subjective a priori pouvait rendre compte d’une existence ou une réalité indépendamment de soi. Pardonnez-moi d’enfoncer des portes ouvertes.

La solution à cette contradiction est possible : il s’agit de n’être ni objectif, ni subjectif, mais dans le mouvement permanent et tendu entre les deux. La réalité n’est ni objective, ni subjective. Il y a une dynamique qui est au-delà de la dualité figée sujet-objet, et c’est celle que j’adopte depuis très longtemps : le réel est « événement ». Il « arrive » comme croisement dans l’espace et le temps de multiples causalités chacune indépendantes les unes des autres, singulières les unes par rapport aux autres, qui débordent toute objectivité (à ambition universelle) et toute subjectivité (sous une seule perspective). Le monde se reçoit. C’est tout. Objectivité et subjectivité sont des constructions intellectuelles postérieures à ce fait. L’Être n’est ni objectif, ni subjectif, il est événement. Vous le verrez, c’est une des constantes de ma réflexion.

Une recherche de vérité doit également se positionner sans recherche précipitée de causalités : sauter hâtivement de pourquoi en pourquoi, et de comment en comment, jusqu’à déceler des apparences de causalités ou de raisons qui nous conviennent risque de nous enfermer dans des présupposés qui se pensent universels ou des points d’ancrage, comme un voilier jette une ancre dans une baie tranquille. J’invite à prêter attention aux points fixes et aux cadres trop sécurisants. S’ils sont nécessaires pour avancer dans le langage et dans la pensée, ils peuvent polariser notre point de vue. Les questions n’apportent pas nécessairement des réponses, et s’il y en a, elles appellent de nouvelles questions. La réalité est plus proche de systèmes à boucles rétroactives et de croisements de processus et de perspectives, parfois aléatoires, comme on en trouve partout dans les êtres vivants, que d’entités ou de mouvements qui s’enchaînent de façon causale. La grande illusion post-aristotélicienne a été de vouloir poser le réel en termes de causalités et de principes. Or l’aléatoire, le hasard, l’insécurité et le chaos sont partout présents, au point qu’on est en droit de se demander si l’existence n’est pas, antérieurement à toute autre qualificatif, risque.

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Ici donc, la première personne se propose. Je vais parler de ce qui est appelé le « mystère trinitaire », clé de voûte et d’entrée dans l’univers chrétien, que j’aime également appeler la « vie trinitaire ». Pour quelle raison ? En raison des univers philosophiques dans lesquels j’aime me mouvoir, ceux de la vie, de l’existence et ceux des systèmes organiques. J’utiliserai les deux formes (« vie » et « mystère ») et même d’autres à l’occasion. La « vie trinitaire » est l’objet de mes méditations, de mes contemplations, de mes illuminations, de mes casse-têtes, de mes épreuves et de mes interrogations depuis l’adolescence. Elle n’a de cesse de rappeler son énergie non seulement dans les difficultés et les combats que j’ai dû mener, mais aussi dans les temps d’émerveillement ou de repos. Repos mérité ou repos paresseux. Cependant, la vie trinitaire n’appartient pas aux chrétiens. J’essaierai de le montrer.

J’ajoute à cette méditation une interrogation présente depuis le début de ma vie consciente : quelle est la nécessité de l’existence, et même plus exactement quelle est la nécessité d’être. Question insoluble naturellement. Je ne parle pas de mon existence, sur une petite planète égarée, dans un pays qui s’appelle la France, à une époque qui correspond à dix millénaires environ après la Révolution néolithique, 60 millions d’années après la disparition des dinosaures et 3,5 milliards d’années après la naissance de la vie sur Terre. Elle, mon existence, elle est contingente : j’aurais pu ne pas exister, à un spermatozoïde près, à un sourire près, peut-être. Quand je parle d’existence, il s’agit de l’existence en soi, de l’être au sens de notre bon Leibniz : « pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? ». D’éducation et d’expérience chrétienne, cette interrogation a pris ensuite la forme apparemment particulière de l’interrogation : puisque l’existence est sensée être le produit d’une création divine, est-ce que le mystère trinitaire peut fonder la nécessité de l’existence ? Question toute aussi insoluble. Intellectuellement parlant, j’entends. Le mieux, me disent bien des personnes de mon entourage, n’est-il pas simplement de vivre et de jouir de l’existence telle qu’elle se présente… en la sous-poudrant d’un peu d’éthique et de justice. Non ? Que vient faire la question trinitaire là-dedans ? Accepte ou refuse, et c’est tout !

Et bien, non. Même si le projet de justifier l’existence est impossible, pourquoi ne pas tenter de dire ce qu’on peut en dire et aussi, même surtout, dire ce qu’il ne faut pas en dire ! Un peu comme un compositeur qui écrit un prélude pour orienter l’écoute de l’œuvre qui suit et qui n’est pas nécessairement écrite.

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En quelques lignes, je propose de concentrer une relecture de mon aventure spirituelle, que quelques lecteurs du blog auront déjà pu goûter çà et là. Attention au mot « esprit » ou « spirituel » : je ne mets pas le sens que tout le monde entend dans les médias, dans les salons bien ou mal causants ou dans les temples et églises bien ou mal croyantes. Sur le blog, vous trouvez un autre développement sur ce thème. De fait, aujourd’hui, je ne me positionne plus en croyant, encore moins en chrétien ou en catho. Mais pas non plus en non-croyant ou en athée. Je trouve stupide de se recroqueviller sur une position, quelle qu’elle soit. Repartir est une constante de mon aventure et je l’estime plus proche du réel que roupiller, fort de ses convictions provisoires. J’ai consacré de nombreuses années à des études de théologie, mais aussi de philosophie et de sciences physiques. Des mondes qui communiquent pas ou peu entre eux. Or, presque jamais, à une ou deux exceptions près, il ne m’a été accordé le droit d’enseigner un soupçon de théologie : soit parce qu’on me considérait comme trop jeune ; soit, plus tard, parce que le clergé et les intellectuels occupaient le terrain, non sans lutte feutrée et parfois mortelle de pouvoir ; soit, enfin, parce qu’on estimait que j’étais trop subversif ou malade mental. De chacune de ces raisons, je ris aujourd’hui et je peux affirmer qu’elles parasitent une vraie recherche de vérité. Chacune d’entre elles pourrait donner lieu à une discussion polémique et analytique. Cela ne m’intéresse plus. Ce fut une blessure et un échec, oui, c’est sûr. Mais aujourd’hui, je considère cette non-reconnaissance comme une blessure libératrice et fondatrice : elle me permet d’écrire librement et sans contrainte.

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Ces premières lignes serviront d’introduction ou de préface. En général, une préface se rédige une fois l’écrit achevé. Bon, tant pis, je la réécrirai si je parviens au bout de ce récit. Personnellement, je pense en spirale ou en vrille : en spirale, le propos s’élargit, mais il croise sans cesse les mêmes rayons. En vrille, car je creuse les alentours d’un point jusqu’à ce qu’il apparaisse dans la lumière.

J’ai été élevé dans un milieu catholique, tiraillé entre un axe assez traditionnel et sentimental d’un côté de la famille de mon père, et un axe très critique de l’autre, venu à la fois du féminisme de ma mère et des sciences, des mathématiques notamment, qui étaient le sujet de conversation et de débat permanent à la maison. Ce furent aussi les années de belles espérances d’une réforme profonde de l’Église Catholique, suite à l’aventure de Vatican II, réforme qui n’est en fin de compte jamais venue… sinon à travers quelques replâtrages et changements de tapisseries. Suite à une lourde maladie et des années d’hospitalisation, de convalescence et de rééducation, j’ai cherché le sens de ma vie à travers la réflexion et la pratique chrétienne, puis à travers la philosophie. J’ai erré, tantôt attiré par la mystique du Carmel, celle de Jean-de-la-Croix, par l’univers orthodoxe, notamment celui de l’hésychasme et des moines du Mont Athos, beaucoup par la mystique juive, surtout la Kabbale.

Les études de théologie catholique m’ont profondément déçu, par excès de juridisme, par manque de rigueur scientifique, par abus des auto-justifications dogmatiques, morales ou ecclésiales, par abus également de justification de pouvoir sur les consciences et sur la vie des individus, et par manque de vraie réflexion métaphysique et épistémologique. Sans compter, une méconnaissance de la modernité scientifique, technique et démocratique… et un discours intellectuel plus récent destiné à dégager l’Église des contraintes d’un monde européen devenu, depuis le Siècle des Lumières, adulte : je pense, par exemple, à la manière dont des autorités ecclésiales et des lieux à ambition spirituelle se sont moqués du droit (des anciens nazis cachés dans des monastères, ou des pédophiles couverts par des autorités). À une ou deux exceptions près, je n’ai jamais rencontré un vrai chercheur de vérité parmi les théologiens cathos. Je n’en ai jamais vu prendre le risque de se mettre en danger.

Dans le parcours théologique suivi, seule l’étude de l’expérience biblique est restée un noyau dur et l’est toujours. Je la lis à contresens de ceux qui y cherchent une morale ou un sens à la vie. La Bible m’apparaît non comme un livre de « spiritualité », au sens commun du terme, mais une parole d’homme, une anthropologie inégalable, sans masque. Avec tous les défauts et tous les excès du genre humain. Si certains l’appellent « Parole de Dieu », c’est essentiellement parce qu’elle est d’abord une parole d’homme.

Du côté des protestants, le protestantisme libéral et combatif d’un Dietrich Bonhoeffer, d’un Karl Barth et de quelques autres m’a passionné : Bonhoeffer, qui fut pendu par les nazis, est incontestablement un des piliers de mes timides convictions éthiques et politiques. Je me suis aussi beaucoup intéressé à la Process Theology, une des rares tentatives avec celle de Teilhard de Chardin, de parler théologie à l’intérieur d’un langage scientifique actualisé.

En ce qui concerne les religions orientales très à la mode, bouddhisme ou taoïsme, elles ne m’ont pas beaucoup intéressés. Elles m’ont apparu plus préoccupées par le souci du bien être naturel que par celui, métaphysique, de la vérité et de l’être. Sauf quand elles tentent de lire le monde sous d’autres perspectives que celle héritée du monde grec et du monde juif. Quant à l’Islam, son aspect excessivement juridique à prétention politique et son monothéisme strict que j’assimile à une forme absolue d’idolâtrie m’ont plutôt laissé indifférent. Toutefois, la mystique du désert, plus vaste que l’Islam, a été un lieu de fascination. Les passerelles existent entre spirituels musulmans, chrétiens, juifs et même orientaux, autour de la nuit et de la signification existentielle du désert. J’ai eu l’occasion de l’expérimenter. Quant à la philosophie que j’ai confrontée en permanence à ma mentalité scientifique, elle a traversé la passion pour la philosophie des sciences et de la nature, la question de l’existence et la politique, l’éthique. Mais sans cesse, caché en dessous, je conservais mon désir de l’Être, d’être plus. J’ai fini par m’arrêter sur Kant et sur Hegel, parce que pour eux, il était vain de parler de vérité ou de l’être sans une articulation sur l’éthique ou sur le politique. De plus, une méditation sur la souffrance et sur la folie qui peut s’emparer des hommes et des femmes m’a interdit, tel un Dragon qui protège un temple, de me laisser piéger par des solutions toutes faites. Ceci explique les deux adages que j’ai fait miens. Celui de Whitehead : « il n’y a pas de raccourci vers la vérité » ; celui de Confucius : « je ne peux rien pour qui ne se pose pas de question. » J’ajoute volontiers aujourd’hui à ces deux adages, la petite phrase de Woody Allen : « J’ai des questions à toutes vos réponses ». Par conséquent, j’invite le lecteur à rester prudent, même lorsque je parais donner des « réponses ».

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Récemment, un ami, bien plus versé que moi à la fois dans les choses spirituelles et dans l’expérience du monde moderne, m’a proposé d’écrire avec lui un dialogue autour du mystère trinitaire. Oserai-je, ai-je immédiatement pensé ? N’est-ce pas l’affaire des vrais et grands contemplatifs ? Nous avons commencé ensemble, puis ce projet est tombé à l’eau. Avec le recul, il me semble que la peur ou plus exactement le vertige face à tout ce qui a déjà été écrit sur ce thème nous a fait renoncer. Ce vertige peut se justifier sans aucun doute. Le dernier gros ouvrage lu sur la Trinité, d’Alexandre Ganoczy pour être précis, m’a à la fois enthousiasmé et laissé sur ma faim : enthousiasmé, parce que le théologien hongrois écrit avec beaucoup de liberté ; inassouvi, parce que je n’y ai pas lu ma propre recherche.

Ces mêmes jours, je suis aussi tombé sur un courrier que j’ai écrit il y a quelques années, suite à une session sur la Trinité dans un centre de formation chrétienne. Dans ce courrier, je m’indignais de ce qui avait été transmis aux personnes qui se formaient, mélange fadasse de concepts incompréhensibles et obsolètes, doublés de murailles d’auto-justification intellectuelle et institutionnelle. Bref un discours de mollusque : une coquille solide à l’extérieur qui cache du pâteux sans goût à l’intérieur. Discours fréquent dans les milieux théologiques, du reste. Je ne prétends pas être meilleur que les intervenants d’alors, mais j’ai une double motivation : d’une part, celle de posséder l’avantage de ne représenter aucune institution, ni aucune tradition doctrinale ; d’autre part, une passion du sens critique et de la vérité par-delà les mots qui me vient de ma double empreinte scientifique et philosophique.

Il y a quelques années, j’ai lu un texte étonnant de Hegel. Hegel, que je considère comme le plus grand philosophe moderne depuis Platon et Aristote, fustige le fait que théologiens et philosophes ne se sont jamais vraiment intéressés au trésor que représente le mystère trinitaire. Après des siècles de monothéisme, de théisme tout court, de déisme et plus récemment d’athéisme, le discours sur la Trinité était devenu incompréhensible, fumeux, coupé de la réalité du monde. La plupart des grands spécialistes de Hegel, français du moins, ne semblent pas avoir prêté attention à ce fait, sauf naturellement les quelques uns qui m’avaient fait découvrir ce texte. Généralement, on s’arrête sur « la Phénoménologie de l’Esprit », ouvrage génial et bien pratique pour lier entre elles les flèches philosophiques lancées dans tous les sens. J’avoue qu’elle me rend bien service ! Aujourd’hui, les spécialistes développent abondamment la réflexion politique et juridique du philosophe allemand pour la confronter à celles qui ont suivi, celle de Marx notamment. À titre personnel, la vision politique de Hegel m’intéresse peu dans le contexte actuel, face aux interrogations posées par la mondialisation, face à la prise de conscience des limites de nos ressources énergétiques et minières, face à l’empreinte irréversible des sciences dans tous les domaines. Par ailleurs, on aime à opposer le rationalisme de Herr Professor Hegel à l’existentialisme de Kierkegaard, autre philosophe que j’aime bien. Je ne suis pas sûr que Hegel soit si « rationaliste » que cela, et je me demande aussi si Kierkegaard a bien compris la pensée de son ancien maître. Je suis au fond un tout petit peu métaphysicien. Or l’architecture hégélienne repose non seulement sur « la Phénoménologie de l’esprit », mais aussi sur « la Logique » et la philosophie de la nature (maillon faible de sa pensée, face aux bouleversements scientifiques qui ont suivi) et sur « l’Encyclopédie des Sciences Philosophiques ». Soyons franc : je suis loin d’avoir tout saisi de la philosophie de Hegel, loin des spécialistes et experts de toutes sortes, et des milliers de pages me restent incompréhensibles. Mais le texte du philosophe allemand concernant la Trinité m’a intrigué. Comment se fait-il que le penseur de la modernité par excellence se penche sur un sujet qui de son temps était empoussiéré. Des petits malins ont remarqué que toute la pensée hégélienne était trinitaire : l’être, l’esprit, la nature ; ou l’interface parole-esprit sur fond de réalité historique et physique.

La vie trinitaire m’a accompagné tout-au-long de ces vagabondages, telle une musique qui nous habite pendant que l’on marche sur un chemin. Elle a par conséquent fait partie du noyau dur de mon alimentation « spirituelle », et, à défaut d’offrir des réponses, elle m’a aidé à ne pas arrêter de marcher, à éviter les pièges et les fausses pistes, à repartir quand je me sens trop bien ou trop mal.

Très rapidement donc, je voudrais relire à la lumière de la vie trinitaire, le récit de cet itinéraire spirituel. Il tentera aussi de démontrer que le mystère trinitaire est opérationnel pour donner sens aux activités, aux passions et aux souffrances humaines. Je serais devenu aujourd’hui un athée, et sans doute militant, s’il n’y avait eu le mystère trinitaire et son tourbillon qui me titille en permanence et qui m’enveloppe de sa présence. Certes, je me sens mieux dans la position d’un pseudo-athée que dans celle d’un mauvais croyant : cela rend libre. Je ne peux accepter qu’on fasse dépendre une existence, l’existence divine ou l’existence du réel, d’une croyance subjective, pas plus du reste que je ne peux la faire dépendre d’une logique. Mais que le lecteur se méfie de l’impression que parfois je me positionne ! C’est toujours transitoire. Seul le mouvement est invariant et les grandes lois de la physique sont toujours des lois du mouvement. Tout bouge dans l’univers et ce qui ne bouge plus est mort.

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Cette introduction est provisoire. J’essaierai de la simplifier et de la reprendre, une fois terminées ces investigations. Terminées ? Illusion bien sûr. L’essai présent s’achèvera le soir, quand la lumière du Soleil descend. Or le Soleil n’est qu’un tout petit astre lumineux au sein d’un Univers qui semble s’étendre à l’infini et dont la seule lueur vient de l’obscur clarté qui tombe des étoiles. La nuit permet de voir plus loin que le jour, même les couleurs et les formes s’estompent.

Ouverture : Figures divines (prochains articles).
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