Chroniques naïves d’un voyage en Chine du Sud

Suite à un étonnant voyage de plusieurs semaines en Chine du Sud, voici ce que j’ai envoyé (naïvement) à des amis, des soutiens et à la famille.

. La Tour, tout à gauche, est entièrement autonome d'un point de vue énergétique.

Ghangzhou vu de la fenêtre de notre appartement

Comme chacun le sait, le français moyen a un esprit critique raffiné (moi, le premier). D’où la remarque : « chroniques naïves ». En effet, combien de réflexions avons-nous entendu sur la pollution en Chine, le Tibet occupé, la dictature et la Place Tien An Men, le Dragon commercial chinois, la mauvaise qualité des produits, le néo-colonialisme économique en Afrique, l’ombre de Mao, les pauvres étudiants opprimés de Hong Kong etc. Bon, OK OK. Nous, Véronique et moi, avec l’aide de notre Gabriel qui nous a plongé dans le bain chinois sans les médiations touristiques et sans les présupposés transmis par nos médias, nous avons découvert un monde extraordinairement vivant… et qui a beaucoup à nous apporter.

« Bonjour à tous,

nous voici de retour de Chine du Sud, que notre fils Gabriel nous a fait explorer, d’une manière bien éloignée des agences touristiques. Nous avons été complètement immergés dans le bain chinois (bus, métros, trains, avions, quartiers populaires et campagnes, repas dans la rue et dans les boui-bouis…), avec surprises à la clé (on se perd dans la montagne, on se fait tremper sous des orages, on dort dans une gare, on rate des trains, on danse, on papote et on rit avec les habitants, on négocie avec les commerçants). Gabriel parle le chinois (pas encore bien, nous dit-il, mais suffisamment pour rire et éviter le racket de certains vis à vis des étrangers…)

Difficile de résumer tout ce que nous avons vécu. En gros (vu de manière superficielle, naturellement) :

Yangzhuocafe

Yangshuo

– Nous avons visité les grandes villes du Sud : Guangzhou (20 millions d’habitants), Shenzhen (10 à 15 millions), Hong Kong (10 millions) ; les montagnes karztiques et les rizières dans le Guangxi, autour de Yangshuo et de Guilin (5 millions d’habitants) ; le Yunnan, ses montagnes à 5000 m, sa capitale Kunming (8 millions d’habitants), et les magnifiques villes anciennes de Dali et de Lijiang.

Nous avons quitté le Yunnan, un jour avant le tremblement de terre !

– La Chine est un immense continent, plus grand et 2 fois plus peuplé que l’Europe. Mais aussi une terra incognita, d’un point de vue physique, historique, et également d’un point de vue culturel. Nous y sommes allés sans présupposés, et nous nous sommes laissés faire.

– Les chinois du Sud (et sans doute du Nord) sont incroyablement hospitaliers (présents et actifs quand nous sommes dans le pétrin), heureux, vivants, bavards : on rit, on chante et dans les rues des grandes villes, on danse le soir !

– La vie collective est extraordinairement développée : pas de temps pour les états d’âme. Un bon bain antidépressif ! Et ça grouille de monde…

– Presque tout le monde, même les petites vieilles au fond des campagnes, a son smartphone !

– Partout on bosse, même la nuit (dormir pose parfois des problèmes !). Il y a des travaux partout : bâtiments, gratte-ciels, routes, viaducs, tunnels etc.

– On ne ressent pas les différences sociales, et l’égalité hommes-femmes est, elle, très sensible (elles conduisent des bus et des taxis, travaillent sur des chantiers etc.).

– L’insécurité est absente. Si, si !!! Gabriel qui vit en Chine depuis un an nous le confirme. On peut marcher dans les couloirs du métro, dans les gares, dans les quartiers périphériques, la nuit, sans se sentir ni harcelé, ni menacé. Il n’y a pas de vol (très mal vu chez les chinois). Pas besoin de serrer son sac sur soi au milieu de la foule, etc. »

[Parenthèse importante : Gabriel, le jour de son installation récente à Pékin, s’est fait voler son sac par un voleur à la tire en moto ! Donc à nuancer ! Mais, ce n’est plus la Chine du Sud, n’est-ce pas ? ]

Rizières

Rizières

– Je suis touché par le rapport des chinois à la nature, dans tous les sens du terme : par exemple, les paysages cultivés épousent la morphologie et la géologie des terrains.
Pas de salamalecs dans les rapports humains, on reste « naturel »…

– Contrairement à ce que beaucoup pensent, la propreté, l’hygiène et l’écologie progressent vite. Les chinois crachent ? Ben voyons, ce sont les vieux. Dans les métros très propres, il y a des poubelles de tri ; dans les rues des grandes villes, propres aussi dans les centres, les motos thermiques sont interdites, on voit énormément de véhicules électriques etc. La ville de Guangzhou, 3 fois plus polluée que Paris il y a 10 ans, est aujourd’hui au même niveau que Paris.

– La bouffe ? Plus variée qu’on ne croit, quoique de temps en temps, un bon steak-frites fait du bien. Nous n’avons jamais été malades !

Rues de Dali

Rues de Dali

– Bon, c’est une dictature : mais ce n’est pas l’Allemagne de l’Est. J’ai vu des caricatures de Mao, des scènes où on se moque de l’armée et du pouvoir et j’imagine mal un gouvernement central contrôler 1,3 milliards d’habitants, etc. Globalement, les policiers sont bon enfant et boivent des bières dans les cafés avec les habitants… La politique de l’enfant unique n’a pas l’air d’avoir eu du succès dans les campagnes !

Et puis, le pays est unifié, après plus de deux siècles de conflits (guerres féodales, guerre contre le Japon, révolution, guerre civile etc.). En dehors de l’extrême-ouest et quelques tensions frontalières, le reste semble calme.

En fait, la Chine que nous avons effleurée semble avoir les attributs d’un pays en développement sans les défauts voyants des pays en voie de développement. Elle ressemble sans doute à la France des années 50.

Mais ce n’est que l’écume au-dessus de l’océan.

Gabriel s’y sent heureux, il va y rester et vraisemblablement y faire sa vie.

J’ai mis des photos, en vrac sans les trier, sur : http://photos.nicolasderauglaudre.net/

J’ai aussi plus de 4 heures de vidéo… mais je vais essayer de les réduire en une petite heure, pour ceux qui sont intéressés… pour une petite soirée entre amis.

Nicolas »

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